Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Le cartel bridé par des capacités de production limitées

La hausse de la production de l’Opep devrait être limitée par l’incapacité de nombreux pays membres à pomper plus de brut à court terme, à l’exception de l’Arabie séoudite, du Koweït et des Émirats. Selon différentes sources, l’Opep a déjà dépassé en août ses quotas de production de 600 à 700 000 barils/jour. Ainsi, même si elle décidait d’accroître d’autant sa production, cela ne changerait pas grand-chose sur le marché. Par ailleurs, si les membres de l’Opep, qui ne peuvent concrètement produire plus, disaient officiellement qu’ils ouvrent leurs vannes, le résultat serait contraire à l’objectif recherché de détendre les marchés, remarque un analyste. Plus important : les États membres produisent déjà à pleine capacité, à l’exception principale de l’Arabie séoudite, chef de file de l’organisation. Il y a en effet une différence entre «capacités de production» en réserve et capacités exploitables immédiatement et durablement. «Il faut au moins un ou deux mois pour que des puits “mis en cocon” (dont l’exploitation est suspendue) soient remis en service», explique Naji Abi Aad, expert de l’Observatoire méditerranéen de l’énergie. D’autre part, cette capacité de production doit être maintenue dans la durée : l’Iran, par exemple, deuxième producteur de l’Opep, qui produit actuellement 3,7 mbj, pourrait produire au moins jusqu’à 3,9 mbj. Mais il ne pourrait pas le faire plus de quelques semaines au risque de détruire ses gisements «surpompés», estime cet expert. Le Koweït et les Émirats ont respectivement des capacités de production supplémentaires de 300 000 bj à 400 000 bj et de 400 000 à 500 000 bj, selon plusieurs sources. Pour sa part, le Venezuela, qui résiste à une forte augmentation de la production de l’Opep, est pratiquement au maximum de sa capacité et produit du brut lourd alors que le marché réclame du pétrole plus léger. L’Indonésie a aussi atteint son maximum de capacité. L’Algérie pourrait ajouter une centaine de barils par jour à peine, et les troubles intérieurs du Nigeria limitent ses possibilités. Même l’Arabie séoudite, premier producteur mondial qui extrait actuellement 8,5 millions de barils par jour et pourrait en théorie pomper au moins jusqu’à 10,5 mbj, avait renoncé en juillet, après l’avoir annoncée, à une augmentation de sa production de 500 000 bj. Ryad avait fait machine arrière notamment «parce qu’il pouvait avoir des difficultés techniques à mobiliser tout de suite une telle quantité», estime Naji Abi Aad. «Aujourd’hui, l’Arabie séoudite a certainement au moins 500 000 barils par jour supplémentaires immédiatement disponibles», estime ce spécialiste. Quant à l’Irak, qui possède les plus grosses réserves après l’Arabie séoudite et demeure exclu des plafonds Opep depuis la guerre du Golfe, il estime injustifié un relèvement de la production de l’Opep. Ce pays pourrait produire dans les trois mois de 3,3 à 3,4 mbj, dans le cadre de l’accord de l’Onu pétrole contre nourriture. Le PDG du 4e groupe pétrolier mondial TotalFinaElf, Thierry Desmarest, a estimé mercredi dernier que la levée de l’embargo sur l’Irak permettrait de détendre le marché en y insufflant une quantité substantielle de brut. À condition toutefois de remettre en état ses installations pétrolières délabrées.
La hausse de la production de l’Opep devrait être limitée par l’incapacité de nombreux pays membres à pomper plus de brut à court terme, à l’exception de l’Arabie séoudite, du Koweït et des Émirats. Selon différentes sources, l’Opep a déjà dépassé en août ses quotas de production de 600 à 700 000 barils/jour. Ainsi, même si elle décidait d’accroître d’autant sa production, cela ne changerait pas grand-chose sur le marché. Par ailleurs, si les membres de l’Opep, qui ne peuvent concrètement produire plus, disaient officiellement qu’ils ouvrent leurs vannes, le résultat serait contraire à l’objectif recherché de détendre les marchés, remarque un analyste. Plus important : les États membres produisent déjà à pleine capacité, à l’exception principale de l’Arabie séoudite, chef de file...