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Actualités - Chronologie

Irak La dure bataille des ONG pour briser l'embargo aérien

Des associations et ONG françaises, désireuses de briser «l’embargo de facto» sur les vols civils que subit l’Irak, connaissent de grandes difficultés pour affréter un avion auprès des compagnies aériennes, malgré l’aval discret du gouvernement. Deux mois et demi après son lancement public, les organisateurs de l’opération «Un avion pour Bagdad» disent avoir bon espoir de trouver dans les «tous prochains jours» une compagnie qui accepte de leur louer un appareil pour effectuer un vol Paris-Bagdad. «Nous sommes actuellement en négociation avec trois compagnies privées d’Europe de l’Ouest, et une russe», a indiqué hier Gilles Munier, secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes, coorganisateur de l’opération avec trois ONG, Enfants du Monde-Droits de l’homme, Co-développement tiers monde et la Coordination internationale pour la levée de l’embargo. Les organisateurs de l’opération – qui a reçu le soutien de quelque 300 personnalités françaises et de trois prix Nobel de la paix – indiquent ne pas avoir obtenu «à ce jour de réponse claire d’Air France qui se dit prête, à condition, d’avoir l’autorisation de son autorité de tutelle, le ministère des Transports qui, lui, ne répond pas». Selon M. Munier, «les contacts établis depuis juin avec des compagnies aériennes françaises ou d’Europe de l’Ouest laissent penser que des pressions sont exercées pour qu’elles répondent défavorablement à notre offre». Ainsi, «les appareils retenus dans un premier temps deviennent brusquement indisponibles, et les tarifs de location atteignent des montants prohibitifs», ajoute-t-il. «Je pense que certains services de l’ambassade des États-Unis à Paris ne sont pas étrangers à ces manœuvres», dit-il. Une autre association française devrait effectuer jeudi soir une liaison aérienne entre Paris et Bagdad sur un avion bulgare affrété non sans difficultés, avec à son bord des médecins, des chirurgiens et des sportifs, a-t-on appris à Paris. Cette association a reçu l’autorisation de la Syrie de survoler son territoire, mais le vol, prévu mercredi soir, n’avait pu se faire pour des raisons inconnues. Contrairement aux États-Unis, la France – comme la Russie – estime que l’embargo sur les vols passagers à destination de l’Irak «n’a pas d’existence juridique» dès lors qu’ils ne contreviennent pas aux résolutions de l’Onu sur l’interdiction de transactions financières et commerciales avec l’Irak. Interrogé sur l’opération humanitaire «un avion pour l’Irak», le Quai d’Orsay répond que «les autorités françaises n’ont pas de problèmes avec ce projet, dès lors qu’il ne contrevient pas aux résolutions (661 et 670) du Conseil de sécurité», adoptées il y a dix ans contre l’Irak. L’objectif de l’opération française est de dénoncer «l’embargo aérien de facto» imposé contre Bagdad, et d’»alerter l’opinion publique internationale sur les effets “criminels” des sanctions sur les enfants d’Irak». Outre les trois Nobel de la paix, Tun Channareth, Mairead Maguire et Adolfo Perez Esquivel, l’appel en faveur de l’opération a obtenu les signatures de personnalités françaises de tous horizons (culturel, politique, religieux, scientifique). Ce voyage s’inscrit dans le cadre d’intitiatives du même genre organisées à titre privé (avion italien en avril dernier, et un vol allemand à caractère humanitaire en août). Une délégation officielle russe s’est également rendue début août à Bagdad après avoir «informé» le Comité de sanctions de l’Onu.
Des associations et ONG françaises, désireuses de briser «l’embargo de facto» sur les vols civils que subit l’Irak, connaissent de grandes difficultés pour affréter un avion auprès des compagnies aériennes, malgré l’aval discret du gouvernement. Deux mois et demi après son lancement public, les organisateurs de l’opération «Un avion pour Bagdad» disent avoir bon espoir de trouver dans les «tous prochains jours» une compagnie qui accepte de leur louer un appareil pour effectuer un vol Paris-Bagdad. «Nous sommes actuellement en négociation avec trois compagnies privées d’Europe de l’Ouest, et une russe», a indiqué hier Gilles Munier, secrétaire général des Amitiés franco-irakiennes, coorganisateur de l’opération avec trois ONG, Enfants du Monde-Droits de l’homme, Co-développement tiers monde et la...