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Actualités - Chronologie

La croissance européenne risque d'être écornée

Moins dépendants de l’or noir, les pays européens ne sont pas menacés d’un choc pétrolier de même ampleur que ceux qui les ont ébranlés dans les années 1970, mais la flambée des prix du brut, si elle dure, risque de pénaliser légèrement leur croissance. Les pays consommateurs commencent à s’inquiéter : le président Bill Clinton a décidé de plaider hier auprès du prince héritier séoudien Abdallah ben Abdel Aziz une augmentation de la production pétrolière de l’Arabie séoudite et de l’Opep. Le cartel doit se réunir le 10 septembre. La Commission européenne a estimé inacceptable le prix actuel et entend faire pression sur l’Opep. Le sujet sera à l’ordre du jour de la réunion des ministres des Finances européens, du 8 au 10 septembre, à Versailles. Mais les économies européennes sont désormais à l’abri d’un véritable choc pétrolier, estiment les économistes. «Les importations de pétrole ne représentent que 1,5 % du Produit intérieur brut de la zone euro» contre quelque 5 % dans les années 1970, indique Hervé Goulletquer, économiste en chef au Crédit Lyonnais. Les nouvelles technologies et les industries high-tech, qui ont porté ces dernières années la croissance des pays industrialisés, échappent totalement aux tourmentes pétrolières. Par ailleurs, l’hyperinflation n’est plus à l’ordre du jour. La «spirale hausse des prix, hausse des salaires», qui avait ébranlé les pays consommateurs dans les années 1970, ne va se renouveler, estime M. Goulletquer. «Les salaires ne sont plus indexés sur les prix et l’inflation n’a pas atteint actuellement des proportions qui déclencheraient des revendications salariales généralisées», souligne Jean-François Mercier, économiste à Salomon Brothers. Hors secteur pétrolier, les prix sont encore sages. Ils ont progressé de 1,7 % sur un an en France et de 2,4 % dans la zone euro. Cette sagesse s’explique notamment par «la mondialisation et la concurrence accrue qui empêchent de nombreuses entreprises de répercuter la hausse des cours des carburants et les conduisent à contracter leurs marges», explique Philippe Weber, économiste à CPR. C’est justement cette pression sur leurs marges que dénoncent depuis une semaine les routiers, les ambulanciers, les agriculteurs et autres marins-pêcheurs français et qui ont fait des émules ailleurs en Europe. La conjonction d’une pression sur les profits des entreprises, pouvant freiner leur investissement, et d’une éventuelle baisse de la consommation des particuliers dont le pouvoir d’achat est pénalisé par la hausse des prix de l’essence, risque de peser sur la croissance. Une hausse de 10 % des prix du brut fait perdre 0,1 % de croissance à l’Europe, estime Eric Chaney, économiste à Morgan Stanley Dean Witter. Par rapport à son cours à moyen terme de 20 dollars le baril durant la décennie 1990, le brut a augmenté de 33 %. Pour Hervé Goulletquer, la flambée pétrolière, si elle dure, pourrait coûter 0,2 de croissance aux économies européennes. «La croissance européenne sera obérée à la marge», estime pour sa part Jean-François Mercier, qui prévoit une croissance de 3,7 % en 2000 et de 3,3 % en 2001 dans la zone euro. Des facteurs positifs ne manquent pas pour contrebalancer l’impact de la forte hausse du prix du pétrole : les baisses d’impôts décidées un peu partout en Europe vont accroître le pouvoir d’achat des particuliers, souligne Hervé Goulletquer. Par ailleurs, le transfert des richesses des pays consommateurs vers les pays producteurs du Golfe et de la Russie vont soutenir les exportations européennes vers ces contrées, souligne Philippe Weber. Les boursiers restent d’ailleurs optimistes. La Bourse de Paris a atteint cette semaine des records : les investisseurs ne semblent croire ni à un réel ralentissement de l’économie ni à une baisse du profit des entreprises.
Moins dépendants de l’or noir, les pays européens ne sont pas menacés d’un choc pétrolier de même ampleur que ceux qui les ont ébranlés dans les années 1970, mais la flambée des prix du brut, si elle dure, risque de pénaliser légèrement leur croissance. Les pays consommateurs commencent à s’inquiéter : le président Bill Clinton a décidé de plaider hier auprès du prince héritier séoudien Abdallah ben Abdel Aziz une augmentation de la production pétrolière de l’Arabie séoudite et de l’Opep. Le cartel doit se réunir le 10 septembre. La Commission européenne a estimé inacceptable le prix actuel et entend faire pression sur l’Opep. Le sujet sera à l’ordre du jour de la réunion des ministres des Finances européens, du 8 au 10 septembre, à Versailles. Mais les économies européennes sont désormais...