Polo à larges rayures, jeans, Antony Maalouf, porte la tenue décontractée des jeunes qui ont réussi discrètement et ne ressentent pas le besoin de le crier sur tous les toits. Accoudé au bar ou debout dans la salle de son restaurant, il ne quitte pas les clients des yeux, à l’affût de leurs désirs certes, mais surtout étonné de leur nombre. Casper & Gambini. Comme prévu, le nom à consonance étrangère fait mouche et, férus d’occidentalité, les Libanais s’y pressent. «Chaque mois, je crois que nous avons atteint un plafond, et le mois d’après notre chiffre d’affaires augmente encore». Les cinq associés libanais de l’affaire ne regrettent pas un seul instant leur décision de s’installer au centre-ville. Leur chiffre d’affaires a au moins triplé depuis novembre 1999 et l’investissement d’un demi-million de dollars est déjà rentabilisé. «En termes de bénéfices, nous sommes passés d’une moyenne de 12-13 % du chiffre d’affaires à 20-22 %». Évidente après coup comme toujours, la réussite a surpris par son ampleur. Car C&G est le premier restaurant à avoir ouvert au centre-ville. Seul Mi-Chaud, qui vendait uniquement sandwiches et manakichs l’avait précédé dans le domaine alimentaire. Même le choix de l’emplacement, rue Maarad, était un pari à un moment «où tout le monde nous conseillait le secteur Foch-Allenby, là où Bechara Nammour avait décidé de s’installer». Mais s’installer au centre-ville était une nécessité pour C&G ( Achrafieh étant «déjà plein»), en pleine expansion depuis son lancement en novembre 1996 dans le secteur des plats préparés destinés aux entreprises. Un premier succès qui conduit l’entreprise à se diversifier, car la concurrence est rude sur le marché des livraisons à domicile où les marges sont faibles et le travail concentré sur quelques heures de la journée. «Un stage aux États-Unis, le royaume des coffee shops, nous a donné l’idée d’ouvrir un premier café à Jal el-Dib en 1998». La formule, couplée à un restaurant, est désormais développée au centre-ville. «Les marges sont grandes dans le domaine du café et les tables sont occupées toute l’après-midi». «Nous assurons désormais 500 commandes par jour, dans les trois points de vente, ce qui représente 1 000 à 1 500 clients par jour», explique Antony Maalouf qui a des projets d’expansion au Caire et aux Émirats. La société envisage aussi d’ouvrir «autre chose» au centre-ville, sous une autre enseigne. Car l’époque est bien révolue où les lumières de C&G brillaient seules au centre-ville. «Notre aventure a servi de test pour beaucoup. La rue a attiré de nouveaux restaurants, mais je ne crains pas la concurrence. Une dizaine de restaurants se partagent le secteur de la rue Monot, et ils sont tous pleins». Un impératif toutefois pour ce type d’activité : maintenir la croissance, car les coûts fixes représentent 70 % des dépenses. Environ 120 000 dollars de loyer, 60 000 dollars pour le nouveau chef et 48 000 dollars d’électricité...
Polo à larges rayures, jeans, Antony Maalouf, porte la tenue décontractée des jeunes qui ont réussi discrètement et ne ressentent pas le besoin de le crier sur tous les toits. Accoudé au bar ou debout dans la salle de son restaurant, il ne quitte pas les clients des yeux, à l’affût de leurs désirs certes, mais surtout étonné de leur nombre. Casper & Gambini. Comme prévu, le nom à consonance étrangère fait mouche et, férus d’occidentalité, les Libanais s’y pressent. «Chaque mois, je crois que nous avons atteint un plafond, et le mois d’après notre chiffre d’affaires augmente encore». Les cinq associés libanais de l’affaire ne regrettent pas un seul instant leur décision de s’installer au centre-ville. Leur chiffre d’affaires a au moins triplé depuis novembre 1999 et l’investissement d’un...
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