– Déesse et DS – La célèbre DS Citroen, aujourd’hui objet de collection, est la star de The Goddess of 1967 de Clara Law, un film en compétition à la Mostra de Venise. Rose saumon, élégante et racée, La déesse de 1967 sillonne le bush australien comme le faisait Priscilla, folle du désert. Cette voiture, célébrée par le philosophe Roland Barthes dans ses Mythologies, est le fil rouge d’un «road movie» qui entraîne un jeune Japonais et une jeune aveugle, traumatisés par leur passé, à travers les vastes espaces de l’Australie, à la recherche de la guérison . L’histoire de la DS, symbole de l’objet parfait pour Clara Law, est racontée par épisodes, à travers le film. De son apparition, en 1955, au Salon de l’automobile à Paris où elle fit sensation, à son rôle dans la tentative d’assassinat contre le général de Gaulle. – Claude Chabrol ne raccroche pas – À 70 ans, après une cinquantaine de films et quarante ans de carrière dans le cinéma, le prolifique Claude Chabrol n’est pas prêt de raccrocher. Outre un film sur «une passion de jeunes», il nourrit “un projet plus complexe et plus long à mettre en place sur la culpabilité”. Son actrice fétiche, Isabelle Huppert, ne figurera pas dans ces deux opus. Mais, dit-il, «je lui réserve un autre chien de ma chienne». «Après ces trois-là, je n’en ferai plus que dix. Puis j’arrête», ajoute-t-il en plaisantant. – Isabelle Huppert au piano – Épouse du pianiste virtuose André Polonski/Jacques Dutronc dans «Merci pour le chocolat» de Claude Chabrol, Isabelle Huppert prend sa revanche dans La pianiste qu’elle tourne actuellement à Vienne avec le cinéaste autrichien Michael Haneke. Elle a pour partenaires Benoît Magimel et Annie Girardot, qui a remplacé Jeanne Moreau d’abord prévue au générique. Cette coproduction franco-autrichienne (MK2, Films Alain Sarde et Arte France avec Wega Produktion Films) d’un budget de 35 millions de francs, est adaptée du roman La pianiste de Elfriede Jelinek (Die Klavierspielerin). – Ubiquité et correspondances – Dans Fils de deux mères ou comédie de l’innocence du cinéaste franco-chilien Raul Ruiz, Camille, 9 ans, fils d’Ariane/Isabelle Huppert, s’interroge sur ses origines et s’imagine être l’enfant d’Isabella/Jeanne Balibar. Dans Merci pour le chocolat de Claude Chabrol, la jeune Jeanne/Anna Mouglalis pense qu’elle est peut-être la fille d’André Polonski/Jacques Dutronc, le mari de Mika/Isabelle Huppert. Ces deux thrillers psychologiques sont pourtant tirés de romans complètement différents, de l’Italien Massimo Bontempelli pour le premier (Il figlio di due madri) et de l’Américaine Charlotte Armstrong pour le deuxième (The chocolate cobweb). – Sally Potter : nous sommes tous des étrangers – «Nous sommes tous étrangers quelque part dans le monde», a déclaré Sally Potter, la réalisatrice britannique de L’homme qui pleure (The Man who Cried), en soulignant que «le racisme naît d’actes et de pensées infimes contre tout ce qui est différent». «Mon film parle de l’Holocauste et du nazisme. Mais à travers cette histoire, je veux parler de ce qui se passe aujourd’hui dans le monde». L’homme qui pleure raconte l’odyssée d’une jeune juive (Cristina Ricci), de la Russie où elle naît dans les années 20, jusqu’à Hollywood où elle se réfugie pour fuir l’arrivée du fascisme en Europe. Sa route va croiser à Paris, dans les années 30, celle de Lola (Cate Blanchett), une belle émigrante russe, prête à tout pour réussir, du chanteur d’opéra italien Dante Dominio (John Turturro) et du romantique tzigane Cesar (Johnny Depp, qui porte deux prothèses dorées pour avoir l’air plus gitan). Le film, tourné en partie en France (la Place de la Concorde a été fermée pendant quelques heures), a été sifflé lors de la projection de presse.
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