L’Irak s’est défendu lundi de vouloir déstabiliser le régime iranien comme l’en a accusé vendredi l’ancien chef d’État iranien Ali Akbar Hachémi-Rafsandjani. «L’Irak rejette catégoriquement ces allégations iraniennes que rien n’appuie», a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères cité par la presse. «Les actions commises par l’opposition iranienne contre les autorités de son pays sont une affaire iranienne dans laquelle l’Irak n’a rien à voir», a-t-il ajouté. Lors du prêche de vendredi à l’université de Téhéran, M. Rafsandjani avait dénoncé «l’attitude complice» des autorités irakiennes qui aideraient, selon lui, les Moudjahidine du peuple, principal groupe d’opposition iranien armé basé en Irak, à déstabiliser le régime de Téhéran. Selon le porte-parole irakien, Bagdad, «conformément aux constantes de sa politique étrangère, se garde de s’ingérer dans les affaires des autres États, surtout quand il s’agit de pays voisins». Il s’est dit «étonné» par les déclarations de M. Rafsandjani «dont le pays soutient politiquement et financièrement les groupuscules basés en Iran qui mènent des actions terroristes en Irak». «Les Iraniens feraient mieux de s’occuper de leurs problèmes internes au lieu de brouiller les cartes et de perpétuer la tension dans la région, ce qui sert les complots impérialo-sionistes», a-t-il conclu. La question des prisonniers de guerre et des groupes d’opposition que les deux pays abritent sur leurs territoires respectifs est le principal obstacle entravant le processus de normalisation entre l’Irak et l’Iran, douze ans après la guerre meurtrière qui les a opposés pendant huit ans (1980-1988). D’autre part, l’Irak s’en est violemment pris lundi au chef de la diplomatie séoudienne Séoud al-Fayçal, le qualifiant de «charogne» après qu’il eut appelé Bagdad à respecter les résolutions de l’Onu. «C’est à nous de définir la position politique de l’Irak et nous n’attendons pas qu’elle nous soit dictée par des charognes comme le ministre des Affaires étrangères du régime séoudien», a déclaré le ministre irakien de l’Information irakien Houmam Abdel Khalek, cité par la presse. Le prince Séoud avait appelé l’Irak vendredi, à l’ouverture d’une réunion ministérielle des monarchies du Golfe en Arabie séoudite, à respecter les résolutions de l’Onu pour alléger les souffrances de son peuple. «Une application stricte des résolutions internationales est à notre sens la meilleure garantie pour mettre fin aux souffrances du peuple de l’Irak, préserver son unité territoriale, sa souveraineté et son indépendance, auxquelles nous attachons une grande importance», avait-il dit. «Nous n’envisageons pas l’avenir à travers les positions des faibles et des charognes et notre vision est différente de celle des gens malhonnêtes soumis aux étrangers», a affirmé M. Abdel Khalek. Dans leur communiqué final, les ministres des Affaires étrangères des pays du Conseil de coopération du Golfe (Arabie séoudite, Koweït, Émirats arabes unis, Qatar, Bahrein et Oman) ont notamment déploré «l’obstination du régime irakien à feindre d’ignorer les résolutions internationales et à défier la volonté» de la communauté internationale. Bagdad a dénoncé dimanche cette déclaration la qualifiant de «mensongère» et accusé l’Arabie séoudite et le Koweït d’en être les instigateurs.
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