Samara Nassar avoue que les larmes lui sont montées aux yeux lorsqu’elle a appris qu’elle porterait le drapeau palestinien lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Sydney. «Je n’avais jamais pensé représenter mon pays dans un championnat international ou aux Jeux olympiques. Le rêve est devenu réalité», confie-t-elle par téléphone depuis la Jordanie, où elle vit. Cette brasseuse de 22 ans et l’athlète Rami Theeb sont les deux Palestiniens qui représentent leur pays à Sydney. Pour les Palestiniens, participer au grand rendez-vous du sport mondial est bien plus qu’une aubaine d’un point de vue sportif. C’est tout autant un message politique et une occasion inespérée de brandir les couleurs noir, rouge, blanc et vert d’un pays qui n’existe pas encore. Le président palestinien Yasser Arafat a annoncé qu’il proclamerait un État indépendant dès le 13 septembre. À Sydney, le drapeau palestinien sera brandi aux côtés des 199 États souverains reconnus par le CIO. Nassar et Theeb, qui participe au 20 km marche, constitueront la deuxième équipe palestinienne à prendre part aux Jeux depuis le début de l’autonomie accordée à Gaza et à la Cisjordanie en 1994. Pour beaucoup de Palestiniens, la participation aux Jeux est un symbole de leur accession au statut d’État à part entière. Pour Mohammad al-Bakri, membre du Comité olympique palestinien, installé à Gaza, cette participation a «une signification politique». Espoirs pour le Mondial 2002 «C’est une chance de placer la Palestine sur la carte du sport international et sur le plan politique. Ce sera une source de fierté que de voir le drapeau palestinien flotter aux côtés de ceux d’autres pays souverains», a-t-il dit. En l’absence de reconnaissance internationale, les événements sportifs sont un canal par lequel exprimer la fierté nationale. L’équipe de football palestinienne espère participer aux éliminatoires de la Coupe du monde 2002, ce qu’elle n’a pas fait depuis 1934, quand elle avait été éliminée par l’Égypte en tant que protectorat britannique. Si Yasser Arafat tenait parole, Samar Nassar serait la première personne à brandir le drapeau du nouvel État. Les deux athlètes se sont entraînés loin de leur pays, qui ne dispose pas des infrastructures nécessaires, et Mohammad al-Bakri a reconnu que les deux sélectionnés se rendaient en Australie pour bien figurer plutôt qu’en quête de médailles. «Les médailles ne s’obtiennent qu’avec de gros moyens et de gros potentiels. Notre infrastructure sportive est délabrée et il faudrait des efforts colossaux pour la remettre en état», a-t-il dit. Rami Theeb est un réfugié dont la famille a fui en Égypte en 1948 lors de la constitution de l’État d’Israël. Après six mois d’entraînement intensif en Allemagne, il a pris la quatrième place des Jeux panarabes en Jordanie en 1999. Samar Nassar est née pour sa part à Bethléem, et son père pharmacien s’est installé en Jordanie, à Amman. Étudiante en biologie, elle travaille au laboratoire de son père entre deux compétitions. «J’ai doublé mon volume d’entraînement depuis que j’ai appris que j’étais sélectionnée aux Jeux de Sydney», a-t-elle dit.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Samara Nassar avoue que les larmes lui sont montées aux yeux lorsqu’elle a appris qu’elle porterait le drapeau palestinien lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques de Sydney. «Je n’avais jamais pensé représenter mon pays dans un championnat international ou aux Jeux olympiques. Le rêve est devenu réalité», confie-t-elle par téléphone depuis la Jordanie, où elle vit. Cette brasseuse de 22 ans et l’athlète Rami Theeb sont les deux Palestiniens qui représentent leur pays à Sydney. Pour les Palestiniens, participer au grand rendez-vous du sport mondial est bien plus qu’une aubaine d’un point de vue sportif. C’est tout autant un message politique et une occasion inespérée de brandir les couleurs noir, rouge, blanc et vert d’un pays qui n’existe pas encore. Le président palestinien Yasser...