Devant un parterre d’abord ébahi puis amusé, la joyeuse sarabande gitane a débarqué sur les lieux du concert par voie de mer, en «flouka». Auparavant, un feux d’artifice géant avait illuminé le ciel. Tony Hanna, lui, est apparu à cheval, une vision blanche (de la pointe de ses chevaux neige jusqu’aux sabots du cheval). Ils ont mis la gomme dès le début. Sur scène : meubles rétro, poulailler, cages d’oiseaux, télé qui crachouille des images parasitées, guirlandes électriques, et on en passe des clichés... Des étincelles de riffs cuivrés ponctuent les titres-standards de Tony Hanna, que le public semblait garder dans son subconscient sans jamais les fredonner avant ce soir-là : «Khatarna ala balak», «Rosana», «Ala dal’ouna»... Même la nouvelle génération semblait se retrouver dans ces tubes d’un autre âge. La musique folklorique a de beaux restes ! Un bémol tout de même à cette prestation d’une heure trente seulement, les quelques morceaux de musique gitane manquaient parfois de feeling. Dans ce cas, la rigueur et la discipline nécessaires au bon fonctionnement d’un Big-Band semblent avoir pris le pas sur l’improvisation... Mais après tout, l’énergie étant au rendez-vous, les Rom ont réussi leur pari : jouer sur une grande scène, dans les conditions des pros, devant un parterre de curieux. C’est un actuel et revigorant mix que nous ont servi Hanna et les gitans. Le tempo n’est pas toujours juste, mais sont-ils des métronomes ? Un beau voyage dans un gipsyland nous fut proposé, à la croisée des chemins : entre tradition montagnarde libanaise et folklore gitan. Michel Éléftériadés, concepteur du festival Mediterraneo, nous a offert un show délirant-hilarant : imitations de vois féminines, grimaces, jongleries... Le show ? Un bric-à-brac festif largement inspiré de la culture tzigane, des amitiés viriles capables d’excentricité. Une collection de costumes illustre ces délires hétéroclites : uniforme de douanier, caleçon à fleurs, marinière et chapeaux de paille, pyjama lamé or, bob afro-centriste... Avec une bonne humeur foldingue, le répertoire oscille entre musique orientale, free jazz, musette, musique gitane et numéros de cirque. À son meilleur, le groupe confond poésie et débauche ; à l’autre extrémité, il penche vers l’orchestre kermesse de la bière. Le public byblosien, de toute façon, s’emballe pour cette gouache balkanique teintée de folklore libanais. Un album est prévu pour bientôt. L’âme gitane est ainsi faite... toute couturée de rythmes et d’envolées lyriques ! Un répertoire composé de chansons écrites et conçues pour des oreilles gitanes que nous, gadjos sédentaires, avons la chance de pouvoir découvrir aujourd’hui. Laissez-vous bercer par ces langueurs manouches, l’optimiste broderie des rythmiques... Imaginez, à chaque refrain, l’éclat écarlate des feux de camp, les odeurs de résine chaude, la bonne frette, et les Rabouins aux anneaux d’or... Un spectacle à ne pas bouder.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Devant un parterre d’abord ébahi puis amusé, la joyeuse sarabande gitane a débarqué sur les lieux du concert par voie de mer, en «flouka». Auparavant, un feux d’artifice géant avait illuminé le ciel. Tony Hanna, lui, est apparu à cheval, une vision blanche (de la pointe de ses chevaux neige jusqu’aux sabots du cheval). Ils ont mis la gomme dès le début. Sur scène : meubles rétro, poulailler, cages d’oiseaux, télé qui crachouille des images parasitées, guirlandes électriques, et on en passe des clichés... Des étincelles de riffs cuivrés ponctuent les titres-standards de Tony Hanna, que le public semblait garder dans son subconscient sans jamais les fredonner avant ce soir-là : «Khatarna ala balak», «Rosana», «Ala dal’ouna»... Même la nouvelle génération semblait se retrouver dans ces tubes d’un...