Jezzine, 52 villages, un peu plus de 49 000 électeurs inscrits, et 3 sièges au Parlement, deux maronites et un grec-catholique. Pour les troisièmes législatives après Taëf, les électeurs de Jezzine voteront chez eux. Mais depuis 1972, date des dernières élections tenues à l’intérieur du caza, les choses ont bel et bien changé. Depuis 1992, pour des raisons exceptionnelles, à savoir la présence israélienne au Liban-Sud, les habitants de Jezzine choisissent 23 députés, la zone méridionale du pays formant une seule circonscription électorale. Et l’inverse est vrai, les 596 000 votants de toute la région choisissent pour Jezzine. «Il n’y a que le provisoire qui dure», dit-on. Le concept de la circonscription unique au Liban-Sud, malgré le retrait israélien, n’a pas été modifié. Et pour remporter les élections de demain, il faut figurer sur la liste forte, l’unique liste complète, la liste de la Résistance et du développement, le rouleau compresseur d’Amal-Hezbollah. Reste à savoir, si les électeurs de Jezzine, (environ 20 000 ont reçu leur carte électorale sur les 49 000 inscrits) accepteront le fait accompli. Quinze candidats, dix maronites et cinq grecs-catholiques se présentent pour les trois sièges de Jezzine. Le député Samir Azar (maronite) Georges Najm (maronite), et Antoine Khoury (grec-catholique) figurent sur la liste soutenue par le mouvement Amal et le Hezbollah, Maurice Serhal (maronite) et Labib Abou Atmé (maronite) ont choisi la liste de la Libération de l’homme présidée par l’ancien chef du Parlement Kamel el-Assaad, Fawzi el-Asmar (maronite) figure sur la liste de Habib Sadek, et Claude Azouri (maronite) se présente sur la liste d’Élias Abou Rizk. D’autres candidats ont choisi de mener seuls la bataille, notamment le député Nadim Salem (grec-catholique), le député Sleimane Kanaan (maronite), Naïm Kalaani (maronite), Rachad Salamé (maronite), Camille Serhal (maronite), Issam Haddad (grec-catholique), Sleimane Nour (grec-catholique) et Nadim Haddad (grec-catholique). M. Azar, candidat maronite sur la liste de la Résistance et du développement commente le découpage électoral. Il estime que «la grande circonscription du Liban-Sud encourage les Libanais à l’intégration nationale». «Il faut sortir, dit-il, du discours confessionnel. D’ailleurs, si Jezzine a fait face durant toutes ces années à l’occupation israélienne, c’est certes grâce au soutien de ses voisins», ajoute-t-il. À la question de savoir si les électeurs de Jezzine, qui voteront pour lui, choisiront tous les candidats de la liste soutenue par Amal et le Hezbollah, M. Azar a indiqué : «C’est ce que j’espère». Tout comme M. Azar en 1996, il y a quatre ans M. Salem avait choisi de se présenter sur la liste parrainée par le mouvement Amal. Pourtant, il a été exclu du bloc parlementaire de Nabih Berry en 1999, à l’issue de ses prises de position au cours de réunions de Mar Roukoz. Le député du caza défendait Jezzine et demandait à l’État d’assumer ses responsabilités. M. Nadim Salem qui estime que ses chances de gagner bataille ne sont pas très grandes entend quand même mener sa bataille jusqu’au bout. Une tâche difficile avec «les agissements du chef du Parlement Nabih Berry qui utilise les institutions de l’État pour arriver à ses fins». Pour lui, «ce sont les urnes de Jezzine qui vont décider de celui qui aura l’appui des citoyens». L’ancien ambassadeur et l’un des principaux pôles de la région Simon Karam note pour sa part que «Jezzine se distinguera par un vote de contestation». «Le caza entier octroierait la majorité de ses voix à Nadim Salem, mais une percée au niveau de la circonscription sera un succès assez inattendu», ajoute-t-il. Demain dimanche, les électeurs de Jezzine choisiront leurs candidats. Ils n’iront certes pas tous au Parlement. Qu’importe, il semble que les électeurs de ce caza ont décidé, malgré tout, de faire acte de présence et de se présenter aux urnes.
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