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Actualités - Chronologie

Washington déterminé à en finir avec la cocaïne

Les États-Unis espèrent faire d’une pierre deux coups en Colombie par le biais d’une aide militaire massive : en finir avec les narcotrafiquants et forcer les guérillas, en partie financées par le trafic, à négocier la paix. Cette politique, dont le coup d’envoi sera donné mercredi par le président Bill Clinton lors d’une visite à Carthagène (nord de Bogota) où il lancera le Plan Colombie, est considérée comme risquée par certains experts, qui craignent qu’elle ne conduise à une confrontation sans issue, voir à un nouveau «Vietnam», comme l’ont affirmé les guérillas. Dans le cadre du Plan Colombie – comprenant une enveloppe d’aide américaine de 1,3 milliard de dollars –, 60 hélicoptères américains de transport rapide de troupes vont être envoyés sur place. Cinq cents instructeurs militaires et de renseignement épauleront également les soldats colombiens. Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, marxiste, principale guérilla) ont dénoncé ce plan, qui frise, selon elles, l’engagement militaire direct et risque de provoquer un «nouveau Vietnam». Mais les Américains se défendent d’avoir choisi une option à 100 % militaire. «Il n’existe aucun plan ni proposition visant à impliquer les forces nord-américaines en Colombie autrement qu’en nombres restreints et dans le cadre de la loi», a déclaré le sous-secrétaire d’État aux Affaires politiques, Thomas Pickering, soulignant qu’il n’y aura pas d’unités constituées au sol et que le Congrès américain a limité le nombre de conseillers militaires à 500. Le Plan Colombie n’est pas «un soutien à une offensive contre la rébellion», c’est «un plan en faveur de la paix et contre la drogue», a fait valoir pour sa part le conseiller de M. Clinton pour les affaires de sécurité nationale, Samuel Berger. Certains experts, y compris américains, restent sceptiques. «La théorie qui est derrière le Plan Colombie, c’est qu’en exerçant une très forte pression du côté des narcotrafiquants, on pourra aussi faire pression sur les FARC pour qu’elles s’assoient à la table de négociations», note Lowell Fleischer, du Centre d’études stratégiques et internationales basé à Washington. Alors que les FARC ont déjà annoncé leur intention de renforcer leur équipement en armement, M. Fleischer doute toutefois de l’efficacité globale du plan contre le trafic de cocaïne dans le monde. «Comme cela a été démontré dans le passé, les narcotraficants en Amérique Latine peuvent aller d’un pays à l’autre : et si nous réussissons en Colombie, ce qui est probable, le trafic de drogue reprendra en Équateur, recommencera au Pérou ou ira même au Brésil», prédit-il. Face à ces critiques, Washington admet que son plan n’aura sans doute pas de résultats immédiats, mais estime que l’immobilisme est la pire des politiques. «Ceux qui sont contre (ce plan) n’ont offert aucune solution alternative, autre que de laisser ce problème détruire la Colombie, avec l’espoir qu’il ne se propage pas ailleurs», a déclaré M. Pickering. La cocaïne produite en Colombie représente 90 % du marché de cette drogue aux États-Unis où en moyenne 52 000 personnes meurent chaque année pour consommation de drogue. Elle coûte annuellement 110 milliards de dollars à la société américaine, selon des statistiques officielles.
Les États-Unis espèrent faire d’une pierre deux coups en Colombie par le biais d’une aide militaire massive : en finir avec les narcotrafiquants et forcer les guérillas, en partie financées par le trafic, à négocier la paix. Cette politique, dont le coup d’envoi sera donné mercredi par le président Bill Clinton lors d’une visite à Carthagène (nord de Bogota) où il lancera le Plan Colombie, est considérée comme risquée par certains experts, qui craignent qu’elle ne conduise à une confrontation sans issue, voir à un nouveau «Vietnam», comme l’ont affirmé les guérillas. Dans le cadre du Plan Colombie – comprenant une enveloppe d’aide américaine de 1,3 milliard de dollars –, 60 hélicoptères américains de transport rapide de troupes vont être envoyés sur place. Cinq cents instructeurs militaires et...