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Actualités - Chronologie

Sydney - D'Athènes à Atlanta Les caprices de la gloire

La route plus que centenaire des Jeux olympiques modernes est semée d’exploits mais la gloire a ses caprices qui veulent que les portes de la légende ne s’ouvrent qu’à ceux qui ajoutent l’émotion dramatique à la performance pure. Lors des premiers Jeux olympiques, en 1896 à Athènes, le pâtre grec Spiridon Louys est devenu, à 24 ans, un héros national inoubliable. La dernière épreuve, le marathon, était en cours et le pays hôte n’avait pas encore remporté la moindre victoire. Au bout de quelque 3 heures d’efforts, Spiridon Louys lui permettait de sauver son honneur. En 1908, à Londres, le marathon a immortalisé un autre héros, tragique. L’Italien Dorando Pietri parcourt en titubant les derniers mètres de la course. Compatissants, des officiels le soutiennent afin de lui permettre de franchir la ligne. En vainqueur. Le temps du moins que les mêmes officiels consultent le règlement et le disqualifient. Coupable de s’être laissé aider. La photo de Pietri figure néanmoins dans toutes les galeries olympiques. Le Finlandais Paavo Nurmi a été le maître incontesté, du 1500 m aux longues distances, pendant plus de dix ans, enlevant entre 1920 et 1928 neuf médailles d’or et signant une vingtaine de records du monde. Il n’eut peut-être pas été statufié de son vivant si, en 1932, à la veille de l’ouverture des Jeux de Los Angeles, il n’avait été radié à vie pour fait de professionnalisme. L’Américain Johnny Weismuller a été le premier homme à nager les 100 m libre en moins d’une minute. Il a obtenu cinq médailles d’or en 1924 aux Jeux de Paris et en 1928 à ceux d’Amsterdam. Cela lui valut d’être choisi par le cinéma pour incarner – à jamais – Tarzan, le héros de la jungle. Gazelle noire En 1936 à Berlin, Adolf Hitler voulait que les athlètes blancs établissent sans conteste aux yeux du monde la supériorité qu’il attribuait à la race aryenne. Un jeune Noir américain de 22 ans, Jesse Owens, se fit un plaisir de lui infliger un camouflet historique en remportant quatre médailles d’or en sprint et au saut en longueur. Dans la tradition de David abattant Goliath. Le faciès grimaçant de la «locomotive tchèque», Emil Zatopek, illustre l’émouvante gravité du triomphe dans la douleur et lui assure plus sûrement la postérité que son triplé, pourtant à ce jour inégalé, 5 000 m, 10 000 m et marathon en 1952 à Helsinki. Le développement de la télévision a fait de l’Éthiopien Abebe Bikila, premier Africain vainqueur olympique, une star en le montrant, pieds nus, vainqueur du marathon de Rome en 1960. Lors des mêmes Jeux, une «gazelle noire» crevait le petit écran. La sprinteuse américaine Wilma Rudolph, 21 ans, s’attribuait trois médailles d’or (100 m, 200 m et relais 4x100 m) en une parfaite synthèse de puissance athlétique et de grâce esthétique. Dans son enfance, elle avait été atteinte de poliomyélite. Le sauteur en hauteur américain Dick Fosbury était un quasi inconnu en 1968 aux Jeux de Mexico. Il suscitait curiosité, voire hilarité, par son style révolutionnaire : il franchissait la barre sur le dos. Il n’y eut plus qu’une éternelle salve d’applaudissements lorsqu’il s’appropria la médaille d’or, record olympique à la clé. Depuis, tous les sauteurs ont adopté son style. A contrario, les six médailles d’or de la nageuse de l’ex-RDA Kristin Otto en 1988 à Séoul ou du gymnaste bélarusse Vitaly Scherbo quatre ans plus tard à Barcelone ont certes forcé l’admiration sur le moment mais aucun d’eux n’a trouvé place dans l’Olympe.
La route plus que centenaire des Jeux olympiques modernes est semée d’exploits mais la gloire a ses caprices qui veulent que les portes de la légende ne s’ouvrent qu’à ceux qui ajoutent l’émotion dramatique à la performance pure. Lors des premiers Jeux olympiques, en 1896 à Athènes, le pâtre grec Spiridon Louys est devenu, à 24 ans, un héros national inoubliable. La dernière épreuve, le marathon, était en cours et le pays hôte n’avait pas encore remporté la moindre victoire. Au bout de quelque 3 heures d’efforts, Spiridon Louys lui permettait de sauver son honneur. En 1908, à Londres, le marathon a immortalisé un autre héros, tragique. L’Italien Dorando Pietri parcourt en titubant les derniers mètres de la course. Compatissants, des officiels le soutiennent afin de lui permettre de franchir la ligne. En...