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Actualités - Chronologie

De l'EPO à l'homme bionique : le dopage du futur

Les manipulations génétiques et les biotechnologies laissent entrevoir des Jeux olympiques du futur où s’affronteront des «superathlètes», des hommes biotransformés, véritables Robocops dotés d’une endurance à toute épreuve, reprogrammés pour des performances sans précédents. «Les biotechnologies ne relèvent pas du virtuel ou la science-fiction», explique le Dr Gérard Dine, président de l’institut biotechnologique de Troyes. La saga de l’EPO (érythropoïétine), le casse-tête antidopage du Comité international olympique (CIO), en est un exemple concret. Une forme recombinante de l’hormone, naturellement produite par les reins, obtenue par génie génétique, a été commercialisée à la fin des années 1980, dans la même période que le premier maïs transgénique de Monsanto. Les manipulations génétiques, greffes de cellules transformées en véritables petites usines à cracher des hormones et autres merveilles en gestation dans l’industrie risquent de reléguer au rang des antiquités l’EPO qui est au centre de la lutte antidopage du CIO. L’EPO favorise la fabrication de globules rouges et, par leur intermédiaire, le transport d’oxygène dans l’organisme, en particulier vers les muscles. Des formules plus puissantes «Son emploi correspond bien à une reprogrammation biologique artificielle du corps pour augmenter son potentiel», commente le Dr Dine. Tout comme celui de l’hormone de croissance recombinante, commercialisée depuis des années. D’autres molécules recombinantes vont arriver sur le marché pour agir sur le système nerveux, musculaire, vasculaire... En attendant s’annoncent des formules plus puissantes, plus aisées à prendre, l’EPO en comprimés, l’EPO retard (moins d’injection), qui se conserve à température ambiante et plus au frigo, l’«EPO sans EPO», avec de petites molécules qui miment son action, des «peptides mimétiques» ou des substances qui stimulent en amont la fabrication de l’EPO. Une myriade de molécules «sécrétagogues» expérimentales qui stimulent la sécrétion d’hormones en tout genre dans l’organisme pointent ainsi leur nez. Les cocktails circulent, EPO plus hormone de croissance, EPO plus Interleukine 3 (IL3), substance moins spécifique qui agit sur la moelle osseuse où se fabrique notre sang (globules rouges, blancs...), voire recours à d’autres facteurs de croissance comme le SCF (Stem Cell Factor) qui stimule les cellules souches de la moelle, utilisées dans les autogreffes ou les thérapies cellulaires. Le champ ouvert par la recherche est vaste : expériences réussies d’augmentation de la masse musculaire par injection de gène (de l’IGF-1, une hormone réparatrice pour le muscle ou de sa forme dénommée MGF pour Mecano Growth Factor) pour l’instant limitée à des rongeurs. À noter également, l’obtention d’une production d’EPO dix à vingt fois plus importante qu’au niveau naturel, chez des babouins grâce à une greffe de cellules modifiées. Amélioration de la résistance Les thérapies cellulaires utilisées en cancérologie, hématologie et dans le traitement des grands brûlés sont maintenant développées pour la réparation des tendons. À partir d’un prélèvement d’un bout de cartilage, les cellules mises en culture, à l’aide de facteurs de croissance, sont recalibrées sur des matrices de plastiques polymères pour être réimplantées au niveau de la blessure articulaire. «De la réparation d’un tendon blessé à l’amélioration de leur résistance en prévision d’un dure compétition, quelle sera la limite ?», interroge le Dr Patrick Laure, chercheur à la faculté de Nancy. Grâce aux avancées récentes sur les cellules souches qui peuvent être repérées dans le sang, il ne sera plus nécessaire de faire de prélèvement. Il suffira de disposer de cellules «mésenchymateuses» du sujet pour les utiliser en fonction de la réparation désirée, pour les faire évoluer vers des cellules d’os, de cartilage ou de tendon.
Les manipulations génétiques et les biotechnologies laissent entrevoir des Jeux olympiques du futur où s’affronteront des «superathlètes», des hommes biotransformés, véritables Robocops dotés d’une endurance à toute épreuve, reprogrammés pour des performances sans précédents. «Les biotechnologies ne relèvent pas du virtuel ou la science-fiction», explique le Dr Gérard Dine, président de l’institut biotechnologique de Troyes. La saga de l’EPO (érythropoïétine), le casse-tête antidopage du Comité international olympique (CIO), en est un exemple concret. Une forme recombinante de l’hormone, naturellement produite par les reins, obtenue par génie génétique, a été commercialisée à la fin des années 1980, dans la même période que le premier maïs transgénique de Monsanto. Les manipulations...