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Actualités - Biographie

L'un des plus implacables dictateurs d'Amérique latine

L’ex-dictateur Augusto Pinochet a été à la tête de l’un des régimes militaires les plus répressifs d’Amérique latine de 1973 à 1990. Instigateur du sanglant coup d’État contre le président socialiste Salvador Allende, le 11 septembre 1973, il a gouverné pendant 17 ans d’une poigne d’acier les quelque 15 millions de Chiliens, avec le soutien sans faille des forces armées et de la police militarisée des carabiniers. Se présentant comme «l’homme qui a sauvé le Chili du communisme», il eut recours à des mesures expéditives pour conforter son pouvoir, dont l’exécution de centaines d’opposants politiques ou syndicaux au début de son règne, qui fit au total plus de 3 000 morts et disparus et entraîna l’exil de près d’un million de personnes. «Au Chili, pas une feuille ne bouge sans que je le sache», s’est un jour vanté le dictateur, né le 25 novembre 1915 à Valparaiso (100 km à l’ouest de Santiago). Fils de militaire, issu d’une famille française ayant quitté Saint-Malo (Bretagne, nord-ouest) au début du XVIIIe siècle, Augusto Pinochet Ugarte avait commencé sa carrière comme capitaine d’un camp de détention où étaient emprisonnés les dirigeants du Parti communiste proscrit par le chef de l’État de l’époque, Gabriel Gonzalez Videla (1946-1952), à Iquique (1 460 km au nord de Santiago). Devenu général après l’arrivée au pouvoir de Salvador Allende, en septembre 1970, il trahit le président socialiste peu après avoir été nommé commandement en chef de l’armée en août 1973, en remplacement du général Carlos Prats, démissionnaire. Partisan de l’économie libérale, jouissant des sympathies du régime américain en raison de son anticommunisme viscéral, Pinochet eut cependant des déboires avec les États-Unis après l’assassinat, par sa police secrète en 1976 à Washington, d’Orlando Letelier, ancien ministre des Affaires étrangères d’Allende. «Catholique, apostolique et romain», il eut également des relations tendues avec l’Église, bien qu’ayant reçu la visite du pape Jean-Paul II en 1987. Accusé d’assassinats, de tortures et de nombreuses autres violations des droits de l’homme, Pinochet est confronté à partir de 1983 à des manifestations massives qui réclament le retour de la démocratie et auxquelles il répond par une implacable répression. En 1986, il échappe à un attentat du Front patriotique manuel Rodriguez (FPMR, gauche), dans lequel cinq membres de son escorte sont tués. Expert en géopolitique et en stratégie, il perdra cependant une bataille historique lors du plébiscite de 1988 où plus de 53 % des votants disent «non» à son projet de rester au pouvoir une décennie de plus. L’année suivante, il connaît un nouvel échec avec la défaite de son candidat Hernan Buchi à la présidentielle, et, en 1990, il doit céder le pouvoir au démocrate-chrétien Patricio Aylwin, tout en restant à la tête des forces armées. À partir de 1994, sous la présidence d’Eduardo Frei, Pinochet se fait plus discret tout en restant omniprésent dans la vie politique chilienne, où il réapparaît officiellement en mars 1998, après avoir quitté le commandement de l’armée, en devenant sénateur à vie, comme l’y autorise la Constitution mise en place sous son régime. Se croyant protégé par son immunité parlementaire, il se rend alors en Grande-Bretagne, où il est interpellé le 16 octobre 1998 à la demande du juge espagnol Baltasar Garzon, qui souhaite le juger en Espagne pour des crimes commis sous son régime. Libéré après 503 jours de détention par les autorités britanniques, qui estimèrent que la dégradation de son état de santé physique et mental ne lui permettait pas d’être extradé en Espagne et poursuivi en justice, l’ex-dictateur avait pu regagner Santiago le 3 mars dernier.
L’ex-dictateur Augusto Pinochet a été à la tête de l’un des régimes militaires les plus répressifs d’Amérique latine de 1973 à 1990. Instigateur du sanglant coup d’État contre le président socialiste Salvador Allende, le 11 septembre 1973, il a gouverné pendant 17 ans d’une poigne d’acier les quelque 15 millions de Chiliens, avec le soutien sans faille des forces armées et de la police militarisée des carabiniers. Se présentant comme «l’homme qui a sauvé le Chili du communisme», il eut recours à des mesures expéditives pour conforter son pouvoir, dont l’exécution de centaines d’opposants politiques ou syndicaux au début de son règne, qui fit au total plus de 3 000 morts et disparus et entraîna l’exil de près d’un million de personnes. «Au Chili, pas une feuille ne bouge sans que je le...