La distance fait que, dans cette partie du monde, nous ignorons des événements et des faits extraordinaires, des performances artistiques aussi qui se déroulent en Amérique latine. C’est là pourtant que fleurit une grande partie de l’émigration libanaise, jouant dans de nombreux domaines un rôle de première importance. Dans le secteur de la mode, c’est le Brésil qui vibre avec une vraie passion créatrice. Pour fêter le «Demi-millénaire» de sa découverte par le navigateur portugais Pedro Alvares Cabral, le pays a organisé toute une série de manifestations commémoratives. Parmi elles, la Semaine de mode de Sao Paolo a ébloui les chroniqueurs de journaux spécialisés, invités à assister à un panorama de la mode brésilienne. Au point où Isabelle Blow, la correspondante britannique, a même écrit qu’il s’agissait «d’un nouvel eldorado, dont “la jungle” était l’endroit le plus chic du monde...». La presse internationale n’a pas tari d’éloges à propos de cette Semaine : «Le potentiel de ce pays est incroyable. Le Brésil est à la fois simple et sophistiqué, très cultivé et très nature, “très ancien et très moderne”, commente une styliste allemande. Avec toujours et partout ce sens inné d’une esthétique originale». L’éveil européen Le message est bien perçu par le vieux continent... Cacharel vient d’engager Clément Ribeiro comme designer-créateur pour réactualiser l’esprit de la griffe. Sans parler d’Ocimar Versolato, si bien implanté déjà dans l’univers de la mode parisienne. Grand nom parmi les créateurs de son pays, Walter Rodrigues se félicite de l’idée de cette Semaine de Sao Paolo, «formidable occasion, depuis sa création en 1995, de diffusions et de contacts pour l’industrie et la création», souligne-t-il à la presse. «Le Brésil, aujourd’hui, ne fabrique plus ses vêtements en copiant religieusement ce qui se fait ailleurs. Il fait, nous faisons nous-mêmes, ce qui convient le mieux». Lui-même est à l’origine d’une mode géométrique, qui habille une silhouette abstraite, à l’instar des kimonos japonais. On aurait tort, semble-t-il, de croire que la création brésilienne se complaise dans l’exubérance folkorique ou la bruyante polychromie auxquelles on ne cesse de l’associer hors de ses frontières. Alexander Herchcovitch s’applique justement à mettre en évidence une autre forme de sensualité, plus raffinée, plus subtile «que celle du string sur les plages», ironise-t-il. Le style brésilien Existe-t-il alors un style brésilien ? Alimenté par des influences multiples, à l’affût de nouveautés, de trouvailles, de découvertes, le Brésil «reste boulimique», en demande constante. «Nous sommes en demande constante de notions qui nous servent de levain. Les sources se mêlent et s’entrecroisent dans notre propre culture, d’où jaillit un corps neuf, notre enfant et l’enfant de tous», conclut très inspiré un jeune dessinateur de Sao Paolo. Ce qui nous manque encore, déclarera un jeune intellectuel, c’est une visibilité internationale. Qu’on sache hors de nos frontières que loin d’être à jamais de bons consommateurs, nous sommes aussi des producteurs. Il serait temps que le monde nous découvre sous cet angle... Si c’était là la raison de la célébration du «Demi-millénaire», les organisateurs peuvent être tranquilles. Leur but a été parfaitement atteint. Un nouveau profil du Brésil a surgi après cette Semaine de mode... «Avant, on fabriquait des vêtements calqués sur les tendances internationales. Aujourd’hui, nous faisons de la mode. Nous osons être nous-mêmes et nous habiller à nos mesures», résume Walter Rodrigues.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La distance fait que, dans cette partie du monde, nous ignorons des événements et des faits extraordinaires, des performances artistiques aussi qui se déroulent en Amérique latine. C’est là pourtant que fleurit une grande partie de l’émigration libanaise, jouant dans de nombreux domaines un rôle de première importance. Dans le secteur de la mode, c’est le Brésil qui vibre avec une vraie passion créatrice. Pour fêter le «Demi-millénaire» de sa découverte par le navigateur portugais Pedro Alvares Cabral, le pays a organisé toute une série de manifestations commémoratives. Parmi elles, la Semaine de mode de Sao Paolo a ébloui les chroniqueurs de journaux spécialisés, invités à assister à un panorama de la mode brésilienne. Au point où Isabelle Blow, la correspondante britannique, a même écrit qu’il...