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Actualités - Chronologie

Les autorités militaires accusées de mentir

Les militaires russes mentent ou dissimulent la vérité sur l’accident du «Koursk» pour sauver leur place, dans la pire tradition soviétique, accusaient hier experts et commentateurs russes. «Les militaires mentent, comme ils en ont l’habitude depuis l’époque soviétique», dénonce l’expert militaire indépendant Pavel Felgenhauer. L’accident du Koursk s’est produit le 12 août, mais n’a été rendu public que le 14 août au matin. Et la marine a fourni à plusieurs reprises des évaluations contradictoires des réserves d’oxygène du Koursk, affirmant tantôt que les réserves seraient épuisées le 18 août, tantôt le 26. «Le commandement de la flotte soit lit dans le marc de café, soit se livre à une désinformation volontaire», s’insurgeait hier le quotidien Izvestia. Par ailleurs les militaires russes ont obstinément refusé pendant deux jours l’aide occidentale alors qu’ils savaient qu’ils ne s’en sortiraient pas par leurs propres moyens, souligne le quotidien Nezavissimaïa Gazeta. «La conduite des militaires est révoltante. La peur d’être punis par le président paralyse toutes leurs capacités de réflexion et de prise de décisions», accuse pour sa part Alexandre Golts, expert militaire de l’hebdomadaire Itogui. Il rappelle les déclarations du chef de la marine russe, l’amiral Vladimir Kouroïedov, qui avait reconnu le 14 août que «la situation était grave» et «les chances d’une issue positive faibles» tout en refusant l’aide de l’Otan. «Les militaires mènent parallèlement à l’opération de sauvetage une opération d’information pour sauver leur réputation, ce qui devient mortel pour l’équipage du Koursk», accuse Izvestia sous le titre «Le mensonge sur la tragédie du Koursk fait couler la réputation des militaires». L’opinion et les familles des naufragés ont l’impression que le commandement leur cache des informations. Et le président Vladimir Poutine, d’ordinaire en première ligne médiatique à chaque situation de crise, n’est apparu qu’une seule fois le 16 août devant les caméras, pour dire que la situation était «critique». Il n’a pas interrompu ses vacances à Sotchi au bord de la mer Noire, et n’a décidé de rentrer à Moscou que vendredi, après avoir été couvert de critiques par la presse. L’amiral commandant la marine, Vladimir Kouroïedov, a parlé à la presse au premier jour du drame. La communication a ensuite été entièrement confiée à son porte-parole Igor Dygalo. La presse s’étonne qu’un simple capitaine porte seul une telle responsabilité. Il a fallu attendre cinq jours après l’accident pour qu’un représentant du gouvernement de haut rang, le vice-Premier ministre Ilia Klebanov, se rende sur place et prenne la parole devant la presse. Hier, lors du premier point de presse après l’accident organisé par la marine à Mourmansk, un responsable du service de presse de la Flotte du Nord, Igor Babenko, s’est contenté de lire un communiqué, refusant de répondre aux questions sous prétexte qu’il n’avait pas été mandaté. Le service de presse de la flotte du Nord a refusé tout simplement de communiquer avec qui que ce soit, a affirmé une standardiste à Moscou. Le village de Vidiaïevo où sont accueillies les familles des marins du Koursk ainsi que la ville de Severomorsk, base navale de la flotte russe, sont fermés aux médias. «Le réflexe soviétique – cacher l’information – n’a pas disparu durant les dix dernières années : au moment de la tragédie, lorsque leur carrière est en danger, ils réagissent comme ils avaient réagi après la catastrophe de Tchernobyl», en la cachant d’abord et en minimisant ses conséquences ensuite, accuse Izvestia.
Les militaires russes mentent ou dissimulent la vérité sur l’accident du «Koursk» pour sauver leur place, dans la pire tradition soviétique, accusaient hier experts et commentateurs russes. «Les militaires mentent, comme ils en ont l’habitude depuis l’époque soviétique», dénonce l’expert militaire indépendant Pavel Felgenhauer. L’accident du Koursk s’est produit le 12 août, mais n’a été rendu public que le 14 août au matin. Et la marine a fourni à plusieurs reprises des évaluations contradictoires des réserves d’oxygène du Koursk, affirmant tantôt que les réserves seraient épuisées le 18 août, tantôt le 26. «Le commandement de la flotte soit lit dans le marc de café, soit se livre à une désinformation volontaire», s’insurgeait hier le quotidien Izvestia. Par ailleurs les militaires russes...