L’utilisation de la cagnotte vertigineuse des enchères UMTS aiguise les appétits et suscite la controverse en Allemagne : le gouvernement entend la consacrer exclusivement à la réduction de la dette mais les industriels, soutenus par l’opposition, réclament une part du gâteau. Avec un total de 50,519 milliards d’euros au coup de marteau final, le pactole dépasse la totalité des gains tirés par l’État allemand des privatisations au cours de la décennie écoulée. «Il n’y aura rien à distribuer», a pourtant prévenu le chancelier Gerhard Schröder, tentant de mettre fin au débat sur les retombées des enchères, que le magazine économique Wirtschaftswoche qualifiait cette semaine de «chasse au trésor». «L’ensemble de la recette sera consacré comme prévu à réduire la dette de l’État fédéral, en dépit du montant élevé» atteint par les enchères, a réaffirmé hier un porte-parole du ministère des Finances. Cet endettement, qui n’inclut pas celui des États régionaux et des communes, s’élève à 1 550 milliards de marks (790 milliards d’euros). Il devrait donc en principe être ramené à 1 452 milliards de marks (740 milliards d’euros), ce qui marquera un tournant spectaculaire en Allemagne après un gonflement continuel de la dette au cours de la décennie écoulée, en raison du coût énorme de la réunification. Face à l’avalanche de doléances, le gouvernement a toutefois dû mettre un peu d’eau dans son vin. Le ministre des Finances Hans Eichel a accepté que les économies réalisées sur le paiement des intérêts de la dette soient, elles, utilisées à des investissements d’infrastructure. Quelque 2 milliards d’euros d’argent frais devraient être ainsi disponibles en 2001, appelés à être utilisés pour l’éducation et la modernisation des réseaux ferroviaire et routier. Mais cette concession ne satisfait pas tout le monde. Une partie des chefs d’entreprise exige que le «magot» serve aussi à faire baisser la pression fiscale. «Nous escomptons encore davantage d’allègements pour les petites et moyennes entreprises, en particulier une baisse de l’impôt sur les bénéfices», a exhorté le président de la Fédération du commerce de gros et à l’exportation (BGA), Michael Fuchs. L’opposition conservatrice, par la voix du secrétaire général de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) Ruprecht Polenz, lui a fait écho en accusant M. Eichel de vouloir «récolter pour lui tout seul les fruits» des enchères du siècle en Allemagne. Les requêtes ne s’arrêtent pas là. Certains États régionaux demandent qu’on ne les oublie pas, le petit parti communiste rénové PDS suggère d’utiliser la manne pour combler le déficit de l’exposition universelle de Hanovre et les écologistes proposent de financer une étude sur les dangers... des ondes des téléphones portables.
L’utilisation de la cagnotte vertigineuse des enchères UMTS aiguise les appétits et suscite la controverse en Allemagne : le gouvernement entend la consacrer exclusivement à la réduction de la dette mais les industriels, soutenus par l’opposition, réclament une part du gâteau. Avec un total de 50,519 milliards d’euros au coup de marteau final, le pactole dépasse la totalité des gains tirés par l’État allemand des privatisations au cours de la décennie écoulée. «Il n’y aura rien à distribuer», a pourtant prévenu le chancelier Gerhard Schröder, tentant de mettre fin au débat sur les retombées des enchères, que le magazine économique Wirtschaftswoche qualifiait cette semaine de «chasse au trésor». «L’ensemble de la recette sera consacré comme prévu à réduire la dette de l’État fédéral, en...
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