Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Controversé avant même d'exister

Dimanche 2 mars 1969 : dans le hurlement de ses quatre réacteurs géants, Concorde 001, aux mains du pilote d’essai français André Turcat, arrache pour la première fois ses 112 tonnes du sol de l’aérodrome de Toulouse-Blagnac (sud) pour commencer la grande aventure du supersonique commercial. Controversé avant même d’exister, Concorde a suscité une série de crises comme aucun programme aéronautique n’en avait connues. Le coût de fabrication avait été jugé trop onéreux, les écologistes américains craignaient que l’ozone de la stratosphère ne fut affectée. Les autorités de Washington et de New York tergiversèrent longtemps sous la pression des riverains qui redoutaient une avalanche de décibels insupportables. L’aventure avait commencé le 25 octobre 1962. Sud-Aviation et BAC (British Aircraft Corporation) présentent aux gouvernements français et britannique un document sur un programme d’avion supersonique. Le 29 novembre, après de longues tractations, les deux gouvernements signent un protocole d’accord sur la construction en commun d’un avion de transport supersonique. Quatre firmes sont engagées dans la réalisation de l’appareil : la BAC et Sud-Aviation construisent la cellule de l’appareil, les quatre réacteurs Olympus 593 seront produits par Bristol Siddeley et la Snecma. Son nom de baptême est inspiré par le général de Gaulle, le 13 janvier de l’année suivante, dans un discours. Il deviendra le Concorde outre-Manche. Quelques mois après, les États-Unis et l’URSS annoncent qu’ils sont, eux aussi, dans la course mais, le 24 novembre 1963, la première maquette, grandeur nature du Concorde, est montrée à la presse. Pendant l’été 1967, le prototype 001 du Concorde subit ses essais de vibration et, le 11 décembre, il est présenté à 1 200 invités à Toulouse. Mais le Tupolev 144, baptisé Concordski par la presse, bat son concurrent et «frère jumeau» de vitesse. Il sera, le 31 décembre 1968, le premier avion de transport supersonique à décoller pour un vol de 38 minutes à vitesse subsonique. Le Concorde, lui, s’envolera seulement le 2 mars suivant et pour 29 minutes. Le 9 avril, ce sera le tour du Concorde anglais à Fulton. Concorde passe le mur du son en octobre de la même année et Mach 2 (vitesse de croisière de 2 300 kilomètres/heure) en novembre 1970. Le premier vol intercontinental, le 25 mai 1971, relie Toulouse/Dakar/Le Bourget. L’avion supersonique n’est pas au bout de ses peines, puisque les compagnies étrangères qui avaient pris des options ne les transforment pas en commande ferme. En avril 1973, le vol supersonique est interdit aux États-Unis par la Federal Aviation Administration. Le premier vol commercial a lieu le 21 janvier 1976 reliant Paris à Rio de Janeiro. Le même jour, British Airways inaugurait la liaison Londres-Bahrein. En 1979, les gouvernements français et britannique décident de limiter la série de fabrication à seize appareils, mais on poursuit l’exploitation. Les programmes de vol sont modifiés et de nombreuses escales ou liaisons sont abandonnées. Les deux compagnies se replient sur New York à partir de Londres et Paris et développent les vols charters. Agences de voyages et grandes entreprises s’intéressent à l’appareil qui devient petit à petit rentable. Certes, les déficits antérieurs représentent des sommes considérables, mais arrêter l’exploitation aurait coûté encore plus cher. Dans son livre sur le supersonique, André Turcat, le pilote d’essai de l’appareil, écrit : «La poêle en teflon de la ménagère, les rotules en tissu de fibres de verre imprégné pour les foreuses en mer, les machines-outils ou les bateaux de plaisance, les barres de poussée et les bielles dans l’automobile ont largement bénéficié des mises au point du Concorde». Le «père» de Concorde, Lucien Servanty, est mort à Toulouse en 1973 à l’âge de 64 ans sans avoir jamais volé sur le supersonique.
Dimanche 2 mars 1969 : dans le hurlement de ses quatre réacteurs géants, Concorde 001, aux mains du pilote d’essai français André Turcat, arrache pour la première fois ses 112 tonnes du sol de l’aérodrome de Toulouse-Blagnac (sud) pour commencer la grande aventure du supersonique commercial. Controversé avant même d’exister, Concorde a suscité une série de crises comme aucun programme aéronautique n’en avait connues. Le coût de fabrication avait été jugé trop onéreux, les écologistes américains craignaient que l’ozone de la stratosphère ne fut affectée. Les autorités de Washington et de New York tergiversèrent longtemps sous la pression des riverains qui redoutaient une avalanche de décibels insupportables. L’aventure avait commencé le 25 octobre 1962. Sud-Aviation et BAC (British Aircraft Corporation)...