Chapeau messieurs. Parce qu’il fallait le faire. Il fallait oser. Et vous l’avez fait. Tous. Ou presque. Vous avez été impériaux. Vous avez dégoûté toute une jeunesse. Celle, de surcroît, qui est censée avoir la politique dans le sang. Dans les gènes. Et que celui qui a dit qu’une jeunesse était l’avenir d’un pays, sa promesse, son assurance-vie, lève le doigt. Il n’a certainement pas dû mettre les pieds au Liban, celui-là. Il n’a pas dû vous écouter, messieurs. Il a tout raté. Parce que la jeunesse de ce pays vous intéresse beaucoup messieurs, n’est-ce pas ? Ses attentes, ses besoins, ses manques, sa soif, tout ça vous passionne messieurs, n’est-ce pas ? Qu’ils n’en peuvent plus, eux aussi, des tricheurs, des mauvais joueurs, des énormes apparatchiks du pouvoir. Et de la vulgarité, que vous érigez parfois en règle de vie. Qu’ils n’en peuvent plus de ne pas travailler. Qu’ils n’en peuvent plus d’avoir leurs libertés foulées à tous les pieds. Qu’ils n’en peuvent plus de vivre dans une méga-tour de Babel contrôlée par 35 000 cerbères. Qu’ils n’en peuvent plus de ne pas rire, aimer, hurler, pleurer, chanter, lire, écrire, rêver. Leurs rêves aussi, messieurs, vous voulez les écraser ? Qu’ils n’en peuvent plus de subir au quotidien la gifle suprême : leur jeunesse volée. Remplacée. Par du toc, du faux, du chiqué. De l’ersatz de jeunesse. Qu’ils n’en peuvent plus d’être leurrés. Mais qu’est-ce que ça vaut tout ça, comparé à une belle, si belle plaque bleue ? Qu’est-ce que ça vaut tout ça, comparé à ce strapontin bordeaux auquel vous vous agrippez comme une sangsue sur une peau ? N’est-ce pas messieurs ? Pitoyable cirque, souvent, que le vôtre, messieurs, et juste retour de bâton. Désormais elle s’en moque, la jeunesse du Liban, messieurs. Et de la belle manière. De vous, de la politique, de tout ce qui s’y attache. Ils s’en vont, les jeunes du Liban, messieurs. Loin, si loin du Liban. Ils s’en vont. Et qui pourrait les blâmer ?... Chapeau, messieurs.
Chapeau messieurs. Parce qu’il fallait le faire. Il fallait oser. Et vous l’avez fait. Tous. Ou presque. Vous avez été impériaux. Vous avez dégoûté toute une jeunesse. Celle, de surcroît, qui est censée avoir la politique dans le sang. Dans les gènes. Et que celui qui a dit qu’une jeunesse était l’avenir d’un pays, sa promesse, son assurance-vie, lève le doigt. Il n’a certainement pas dû mettre les pieds au Liban, celui-là. Il n’a pas dû vous écouter, messieurs. Il a tout raté. Parce que la jeunesse de ce pays vous intéresse beaucoup messieurs, n’est-ce pas ? Ses attentes, ses besoins, ses manques, sa soif, tout ça vous passionne messieurs, n’est-ce pas ? Qu’ils n’en peuvent plus, eux aussi, des tricheurs, des mauvais joueurs, des énormes apparatchiks du pouvoir. Et de la vulgarité, que vous...
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