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Actualités - Chronologie

Le Kremlin s'attaque aux télévisions des oligarques

Après avoir mis au pas les gouverneurs régionaux, le Kremlin s’attaque désormais aux chaînes de télévision privée NTV et semi-étatique ORT contrôlées par de puissants hommes affaires, suscitant des craintes sur l’avenir des médias indépendants. La presse russe citant des hauts responsable du Kremlin parlait hier pour la deuxième journée consécutive de négociations sur la prise par l’État du contrôle total de la chaîne ORT, déjà pro-Kremlin, et sur le passage des actions de NTV, la seule chaîne d’opposition d’audience nationale, au géant gazier Gazprom contrôlé par l’État. ORT et NTV, deux des trois chaînes nationales, sont contrôlées respectivement par les «oligarques» Boris Berezovski et Vladimir Goussinski, hommes d’affaires tout puissants à l’époque de Boris Eltsine, et aujourd’hui dans le collimateur du pouvoir. La troisième chaîne RTR est entièrement étatique. «Le Kremlin aspire à contrôler les médias après ses importantes victoires politiques comme l’adoption de la réforme régionale et l’intimidation des oligarques», affirme le politologue Andreï Riabov de la fondation Carnegie. Le président Vladimir Poutine a réussi d’une manière spectaculaire à imposer sa volonté en faisant adopter en juillet son ambitieuse réforme régionale qui réduit l’influence des gouverneurs. Il s’est également présenté en maître absolu lors d’une rencontre la semaine dernière avec les «oligarques». «Ces agissements du Kremlin représentent une tendance générale vers le “rétablissement de l’ordre”», estime le politologue Iouri Korgoniouk de la fondation Indem. «Le pouvoir veut revenir à l’époque soviétique, où un seul point de vue était représenté», accuse Boris Timochenko de la fondation Glasnost pour la protection de la liberté de la presse. Selon le quotidien économique Vedomosti, «l’État a accepté la proposition de (Boris) Berezovski de prendre le contrôle de ses actions d’ORT en échange des dettes de la chaîne. Par ailleurs, les fonctionnaires du Kremlin font ouvertement part de leur intention de prendre sous contrôle indirect NTV». Les dettes d’ORT qui s’élèvent à 150 millions de dollars, selon Vedomosti, «permettent au pouvoir de penser que les négociations seront un succès», affirme le journal. L’État détient 51 % des actions d’ORT, la chaîne la plus regardée dans l’ex-URSS, et M. Berezovski en détient 8 % et affirme contrôler indirectement le reste. La question du passage des actions du groupe Media-Most auquel appartient NTV à Gazprom avait été réglée la semaine dernière avant le départ de Vladimir Goussinski (président de Media-Most) pour l’Espagne, affirment des sources au Kremlin citées par Vedomosti. Media-Most a catégoriquement démenti cette information. La prise de contrôle des deux chaînes serait une affaire extrêmement compliquée de point de vue juridique, selon les analystes, qui considèrent que les déclarations anonymes des responsables du Kremlin sont d’abord un moyen d’intimidation des médias et un test de l’opinion publique. «Le Kremlin fait pression sur les médias en présentant l’affaire comme décidée», estime M. Riabov. «Malgré ses ambitions, l’État n’a pas de moyens pour investir dans les chaînes de télévision qui se développent actuellement grâce au capital privé», ajoute-t-il. «NTV est une chaîne de qualité parce qu’elle est privée. Si elle devient publique, sa qualité va considérablement chuter ce que le pouvoir ne peut pas ignorer», explique M. Korgoniouk. Selon lui, cette tactique «permet de tenir les médias en laisse». «L’État pourrait apprivoiser NTV à tout moment. En la transformant en chaîne publique, il tuerait l’animal et cela perdrait tout intérêt», estime Iouri Korgoniouk.
Après avoir mis au pas les gouverneurs régionaux, le Kremlin s’attaque désormais aux chaînes de télévision privée NTV et semi-étatique ORT contrôlées par de puissants hommes affaires, suscitant des craintes sur l’avenir des médias indépendants. La presse russe citant des hauts responsable du Kremlin parlait hier pour la deuxième journée consécutive de négociations sur la prise par l’État du contrôle total de la chaîne ORT, déjà pro-Kremlin, et sur le passage des actions de NTV, la seule chaîne d’opposition d’audience nationale, au géant gazier Gazprom contrôlé par l’État. ORT et NTV, deux des trois chaînes nationales, sont contrôlées respectivement par les «oligarques» Boris Berezovski et Vladimir Goussinski, hommes d’affaires tout puissants à l’époque de Boris Eltsine, et aujourd’hui...