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Actualités - Chronologie

L'éternel démissionnaire

Un peu plus d’an après son entrée au cabinet du travailliste Ehud Barak, le chef de la diplomatie David Lévy a présenté hier sa démission, lâchant ainsi pour la troisième fois un Premier ministre, de droite ou de gauche, en cours de mandat. Transfuge de la droite, il a fait figure de modéré durant les premiers mois du gouvernement Barak en soutenant le processus de paix au Proche-Orient. Mais il a jugé «très graves» les concessions du Premier ministre aux Palestiniens lors du récent sommet de Camp David qu’il a boycotté. La démission de M. Lévy sera effective dans 48 heures. Représentant au sein du gouvernement le petit parti Guesher (deux députés), il avait multiplié ces derniers jours les contacts avec Ariel Sharon, le chef du Likoud, son parti d’origine, tout en affirmant ne pas rechercher un quelconque arrangement assurant son avenir politique. Nationaliste et populiste, M. Lévy a toujours mis l’accent sur les questions sécuritaires et se voulait intransigeant sur la question de Jérusalem. Il pouvait donc difficilement envisager sans broncher un partage de souveraineté avec les Palestiniens sur la Ville sainte. M. Lévy, 62 ans, un ex-maçon né en 1937 à Rabat au Maroc et immigré en Israël à l’âge de 18 ans, a été élu à la Knesset pour la première fois en 1969. Il s’est installé à Beit Shéan, petite ville de la vallée du Jourdain où il réside et où il a été découvert par le fondateur historique de la droite Menahem Begin. Ce dernier avait été séduit par les qualités de tribun de ce jeune syndicaliste capable de séduire les foules séfarades, les juifs orientaux. M. Lévy a dirigé la diplomatie du Cabinet Barak, après avoir occupé deux fois cette fonction sous des gouvernements de droite de Yitzhak Shamir et de Benjamin Netanyahu, qu’il a abandonnés également en cours de route. C’est en effet un habitué des coups d’éclat et des discours ronflants. Durant sa longue carrière, il a souvent brandi l’arme de la démission pour rester au pouvoir. Il est ainsi parvenu à se maintenir pendant 14 ans au poste de vice-Premier ministre de cinq chefs de gouvernement différents. En janvier 1998, M. Lévy a claqué la porte du gouvernement Netanyahu pour protester contre le blocage du processus de paix. Mais quelques années auparavant, il faisait figure de «faucon» et était l’un des promoteurs de la colonisation juive en Cisjordanie, comme ministre de l’Habitat de la droite. Depuis un an, aux Affaires étrangères, M. Lévy a plutôt joué un rôle de figuration dans les négociations israélo-palestiniennes. M. Barak l’a notamment écarté des pourparlers secrets menés ces derniers mois. Il s’est notamment fait supplanter dans ce rôle par les ministres de la Sécurité intérieure, Shlomo Ben Ami, et de la Justice, Yossi Beilin, ce qui a sans doute contribué à sa frustration, car il a toujours été très chatouilleux sur les questions d’étiquette et de prérogatives.
Un peu plus d’an après son entrée au cabinet du travailliste Ehud Barak, le chef de la diplomatie David Lévy a présenté hier sa démission, lâchant ainsi pour la troisième fois un Premier ministre, de droite ou de gauche, en cours de mandat. Transfuge de la droite, il a fait figure de modéré durant les premiers mois du gouvernement Barak en soutenant le processus de paix au Proche-Orient. Mais il a jugé «très graves» les concessions du Premier ministre aux Palestiniens lors du récent sommet de Camp David qu’il a boycotté. La démission de M. Lévy sera effective dans 48 heures. Représentant au sein du gouvernement le petit parti Guesher (deux députés), il avait multiplié ces derniers jours les contacts avec Ariel Sharon, le chef du Likoud, son parti d’origine, tout en affirmant ne pas rechercher un quelconque...