Les opposants à l’avortement aux États-Unis, encouragés par les résultats des sondages indiquant que le républicain George W. Bush pourrait gagner l’élection présidentielle en novembre, se mobilisent et laissent entendre que l’interruption volontaire de grossesse (IVG) pourrait bientôt devenir illégale. Les adversaires de l’IVG, très actifs dans le pays et proches du parti républicain, ont été confortés dans leur opinion par la récente présentation de Dick Cheney comme vice-président, si Bush était élu le 7 novembre : l’ancien secrétaire à la Défense est connu pour son opposition à l’avortement. «La ligne a été tracée et le choix auquel sont confrontés les Américains est clair», a souligné Alice Germond, de la Ligue nationale pour l’avortement et le droit à la liberté de procréer (Naral). Pour elle, il est en effet «maintenant impossible à Bush de prétendre qu’il n’est pas solidement opposé» à l’IVG : Dick Cheney a toujours voté pour une restriction du droit à l’avortement lorsqu’il était au Congrès. Le gouverneur du Texas, en revanche, a jusqu’ici tenté de présenter une image modérée sur la question, soutenant l’interdiction de l’intervention, tout en acceptant des exceptions dans le cas du viol, de l’inceste ou d’un danger pour la vie de la mère. Mais son camp a baissé la garde devant l’aile droite de son parti, qui a insisté pour garder une position dure contre l’IVG dans la plate-forme républicaine qui sera présentée à la convention de Philadelphie. M. Bush a par ailleurs rejeté le nom d’un vice-président potentiel connu pour ses idées en faveur de l’avortement. «Il n’y a aucun doute que l’élection de Bush mettrait très nettement en danger le droit de la femme à choisir», a estimé Ellen Malcolm, présidente de l’association Emily’s List, proche des démocrates. Mais certains membres du parti républicain ont également peur des limitations qui découleraient d’une élection de Bush. Il n’a «réussi à réunir que la moitié du parti, peut-être seulement 30 %» autour de ce thème, a noté Ann Stone, qui fait partie du groupe Républicains pour le choix. Selon elle, comme la plupart des Américains, la majorité de son parti est pour le libre choix de la femme. «La seule chance que nous ayons maintenant est de combattre la plate-forme» lors de la convention, qui se tiendra du 31 juillet au 3 août, a déclaré Susan Cullman, coprésidente de la Coalition républicaine pour le choix. Jusqu’ici, ce document appelle à une suppression de l’avortement et prévoit que le président ne pourra pas nommer à la Cour suprême de juge pro-IVG. À l’heure actuelle, les membres de cette cour sont en majorité contre l’interdiction de l’avortement mais le futur président pourrait changer cette situation très facilement : un récent vote des neuf juges pour maintenir la légalité de l’IVG est passé par 5 voix contre 4. Et trois des juges en faveur du choix pourraient démissionner dans les toutes prochaines années. «Pour moi, il ne fait aucun doute que si Bush est élu, il nommera des juges de la Cour suprême opposés à l’avortement», a estimé Mme Malcom. Pourtant, la républicaine Susan Cullman reste confiante, estimant que les déclarations va-t-en-guerre demandant une interdiction de l’IVG sont uniquement destinées à rassurer l’aile droite du parti. «Nous avons un Congrès républicain depuis un bout de temps et il est intéressant de noter qu’aucun amendement constitutionnel destiné à supprimer l’avortement n’a été proposé», a-t-elle souligné.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les opposants à l’avortement aux États-Unis, encouragés par les résultats des sondages indiquant que le républicain George W. Bush pourrait gagner l’élection présidentielle en novembre, se mobilisent et laissent entendre que l’interruption volontaire de grossesse (IVG) pourrait bientôt devenir illégale. Les adversaires de l’IVG, très actifs dans le pays et proches du parti républicain, ont été confortés dans leur opinion par la récente présentation de Dick Cheney comme vice-président, si Bush était élu le 7 novembre : l’ancien secrétaire à la Défense est connu pour son opposition à l’avortement. «La ligne a été tracée et le choix auquel sont confrontés les Américains est clair», a souligné Alice Germond, de la Ligue nationale pour l’avortement et le droit à la liberté de procréer (Naral)....