Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Inquiet des pressions US, Yasser Arafat sollicite Paris

Le dirigeant palestinien Yasser Arafat vient aujourd’hui à Paris pour informer la présidence française de l’Union européenne des résultats du sommet de Camp David alors qu’il est soumis à de fortes pressions américaines pour faire de nouvelles concessions. Le président de l’Autorité palestinienne, qui était déjà venu consulter son ami Jacques Chirac au début du mois, doit être reçu dans l’après-midi à l’Élysée par le chef de l’État français. Il rencontrera ensuite le Premier ministre Lionel Jospin. «On attend de la visite d’Arafat de connaître son évaluation des négociations sur le statut permanent (des Territoires palestiniens) à Camp David», a indiqué vendredi le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valéro. «La France comme l’UE ont le souci de s’abstenir soigneusement de se substituer à quiconque dans la négociation, mais de les accompagner et de les soutenir», a-t-il ajouté. Précédant une importante tournée dans les pays arabes, les consultations de M. Arafat à Paris – son principal soutien dans le camp occidental – interviennent, malgré tout, à un moment crucial du processus de paix. Il ne reste qu’un mois et demi avant l’échéance du 13 septembre, date-limite pour un accord sur le statut final, mais aussi date prévue pour la proclamation d’un État palestinien, avec Jérusalem-Est comme capitale. La question de la souveraineté palestinienne sur Jérusalem-Est a été la pierre d’achoppement du sommet de Camp David entre M. Arafat et le Premier ministre israélien Ehud Barak, sous l’égide des États-Unis. Malgré l’absence d’accord à Camp David, Palestiniens et Israéliens ont décidé malgré tout de capitaliser sur les avancées obtenues pour reprendre les négociations dès dimanche. Une position qui satisfait les responsables européens qui ont plus à craindre que les États-Unis des conséquences d’un échec total des négociations. «Notre tâche prioritaire est de faire en sorte que tout cela (ces avancées) ne soit dilapidé par la suite», a indiqué mardi le chef de la diplomatie française Hubert Védrine, qui s’est également dit «encouragé» par le fait qu’Arafat et Barak aient réussi «à parler à Camp David de sujets qui étaient totalement tabous», comme Jérusalem et les réfugiés palestiniens. De son côté, l’UE a appelé Israéliens et Palestiniens à surmonter «les derniers obstacles» sur le chemin de la paix. Parrain du processus de paix, l’UE n’a pas été conviée à ce sommet, l’envoyé spécial européen pour le Proche-Orient, Miguel Angel Moratinos, se contentant d’un poste d’observateur à Washington. En demandant à être reçu par Jacques Chirac, Yasser Arafat devrait aussi demander que l’UE ne cède pas aux pressions diplomatiques israélo-américaines pour le faire plier, indique-t-on à Paris. Citant des responsables américains, le Washington Post a indiqué jeudi que les États-Unis se préparaient à solliciter l’aide de leurs alliés arabes et européens afin de persuader M. Arafat à davantage de souplesse. Un argument qui irrite certains diplomates à Paris. «Que veulent donc les Américains ? C’est aux Palestiniens à faire toujours des concessions alors que ce sont eux qui n’ont rien», s’insurge un diplomate arabe à Paris. Les réponses obtenues à Paris seront donc d’un poids non négligeable pour M. Arafat soucieux de mobiliser encore plus le monde arabe à sa cause. Sans être partie prenante, les Européens ont eu l’occasion d’intervenir dans le débat. Ce fut le cas l’an dernier lorsqu’ils ont conseillé à Yasser Arafat de surseoir une première fois à la proclamation d’un État palestinien, tout en s’engageant à reconnaître cet État «le moment venu». Cette question hautement sensible – catégoriquement rejetée par Washington et qui ne fait pas l’objet d’un consensus européen – devrait également être évoquée lors des entretiens de M. Arafat à Paris.
Le dirigeant palestinien Yasser Arafat vient aujourd’hui à Paris pour informer la présidence française de l’Union européenne des résultats du sommet de Camp David alors qu’il est soumis à de fortes pressions américaines pour faire de nouvelles concessions. Le président de l’Autorité palestinienne, qui était déjà venu consulter son ami Jacques Chirac au début du mois, doit être reçu dans l’après-midi à l’Élysée par le chef de l’État français. Il rencontrera ensuite le Premier ministre Lionel Jospin. «On attend de la visite d’Arafat de connaître son évaluation des négociations sur le statut permanent (des Territoires palestiniens) à Camp David», a indiqué vendredi le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valéro. «La France comme l’UE ont le souci de...