L’Afrique du Sud a acueilli avec chagrin et colère à l’égard des puissances européennes du football l’attribution hier à l’Allemagne de l’organisation de la Coupe du monde 2006 par la Fifa. Les fêtes prévues partout dans le pays ont été annulées ou ont tourné court, laissant les Sud-Africains rêver à ce qui aurait pu être la plus grande épreuve sportive jamais organisée en Afrique. Les bars bondés de Soweto ont grondé de dépit en apprenant la nouvelle, qui a été acueillie par un silence de mort à Durban. «Je suis anéanti», a déclaré Hendrick, 48 ans, qui essayait de ravaler ses larmes dans un bar de Soweto. La magie de l’ancien président Nelson Mandela, 81 ans, n’aura pas suffi et lui-même est apparu très déçu après l’annonce du résultat. Son successeur, le président Thabo Mbeki a parlé de «jour tragique» pour le pays et a promis d’obtenir l’organisation de la Coupe du monde 2010. Les vedettes du football sud-africain ont également exprimé leur tristesse et qualifié la décision d’injuste. «Je suis déçu comme les millions de Sud-Africains. Je sais que nous étions au point. L’Europe s’est serré les coudes et ce n’est pas juste», estime Benny McCarthy, international sud-africain du Celta Vigo. La perte d’un afflux potentiel de touristes a également affaibli la monnaie nationale, le rand, et les marchés boursiers, qui avaient grimpé dans l’attente de la décision, que tous ici pensaient favorable. Les voyagistes ne sont pas les derniers à pleurer, eux dont les nuits étaient déjà émaillées de rêves de charters de touristes combinant les matches avec des visites des parcs et plages de réputation mondiale du pays. Le président sud-africain Thabo Mbeki a exprimé hier la «grande déception» de l’Afrique du Sud après l’attribution à l’Allemagne de la Coupe du monde 2006, mais a félicité l’organisateur désigné en assurant : «La prochaine fois, nous gagnerons». «C’est un revers dans nos efforts pour obtenir la reconnaissance que l’Afrique mérite dans la communauté sportive internationale», a déclaré le président Mbeki dans une brève allocution radio-télédiffusée, peu après l’annonce de l’attribution à l’Allemagne du Mondial de football 2006. «C’est une journée tragique pour l’Afrique, puisque son message et le nôtre, faire venir la Coupe du monde en Afrique pour la toute première fois, n’est pas parvenu à convaincre la majorité du comité exécutif de la Fifa (Fédération internationale de football)», a-t-il ajouté. «Nous sommes sûrs que notre candidature était solide sur tous les plans, mais une partie des arbitres ultimes se sont fait une opinion clairement différente de la nôtre», a-t-il regretté. Mbeki a assuré que l’Afrique du Sud «aura d’autres opportunités d’organiser de grands événements sportifs internationaux». «La prochaine fois, nous gagnerons», a-t-il conclu, sans pour autant faire de référence explicite à une candidature sud-africaine pour la Coupe du monde suivante, en 2010.
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