C’est, pour l’instant, une constante. Chaque village libanais frontalier avec Israël a son quarteron du Hezbollah qui veille, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, le long des barbelés, et leur drapeau jaune, invariablement, qui flotte au vent. Il est interdit d’emprunter le petit chemin qui monte pour accéder à leur tente, alors nous les avons hélés, d’en-bas, et ils sont descendus, à trois. Habillés de treillis militaires qui ressemblent à s’y méprendre à ceux de l’armée, un bob sur la tête – le soleil est sans pitié –, ils sont souriants mais intransigeants : pas de photos. «Nous avons exactement le même but que l’armée : continuer à libérer le Liban et sauvegarder l’unité nationale», nous explique l’un d’entre eux. Accepteront-ils de plier armes et bagages pour laisser la place à l’armée libanaise et à la Finul ? La réponse est claire, bien apprise : «Si les dirigeants du Hezbollah nous le demandent, il n’y aura pas de problèmes : notre bonheur c’est ça, c’est que l’armée se déploie...» Poliment, ils nous font comprendre qu’ils n’en diront pas plus. Et leur quotidien, comment supportent-ils l’ennui, l’inévitable ennui ? «De 5h30 du matin à 8h00 du soir, c’est la routine, nous exerçons simplement notre devoir national, nous en sommes fiers, nous avons patienté plus de vingt ans, nous pouvons encore attendre...» Leur regard s’allume lorsque nous leur demandons si, par exemple, entre eux, pour faire passer le temps, ils jouent aux cartes. Même pas à la bataille ? «Nous avons le Coran, nous le lisons, cela suffit». Est-ce qu’ils cuisinent ? «Bien sûr, nous avons tout ce qu’il faut. Nous venons juste de finir nos manakich…» La voilà l’explication à l’odeur de thym qui flottait, partout, sous le soleil...
C’est, pour l’instant, une constante. Chaque village libanais frontalier avec Israël a son quarteron du Hezbollah qui veille, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, le long des barbelés, et leur drapeau jaune, invariablement, qui flotte au vent. Il est interdit d’emprunter le petit chemin qui monte pour accéder à leur tente, alors nous les avons hélés, d’en-bas, et ils sont descendus, à trois. Habillés de treillis militaires qui ressemblent à s’y méprendre à ceux de l’armée, un bob sur la tête – le soleil est sans pitié –, ils sont souriants mais intransigeants : pas de photos. «Nous avons exactement le même but que l’armée : continuer à libérer le Liban et sauvegarder l’unité nationale», nous explique l’un d’entre eux. Accepteront-ils de plier armes et bagages pour laisser la place à...
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