«L’Allemagne est secouée, l’Allemagne est sonnée», a résumé en quelques mots le chancelier allemand Gerhard Schröder au cours d’un service religieux à Hanovre. «Notre respect va aux morts, notre sympathie à leurs proches», a-t-il ajouté. L’Allemagne était en état de choc hier, au lendemain de l’accident du Concorde survenu à Roissy, qui a coûté la vie à 96 de ses ressortissants, et tentait d’apporter réconfort et marques de solidarité aux proches des défunts. À Berlin, le chef de la cellule de crise composée d’une quinzaine de personnes mise en place par le ministère allemand des Affaires étrangères, Günter Pleuger, a souligné que presque toutes les familles des victimes avaient été informées. À une exception près, a-t-il précisé, toutes les familles allemandes ont été contactées – certaines sur leur lieu de vacances dans le sud de la France – et pourront se rendre sur le site de la catastrophe à bord d’avions mis à leur disposition par Air France, propriétaire du Concorde qui s’est embrasé avant de s’écraser à Gonesse peu après son décollage. Certains proches sont déjà arrivés à Paris. L’ambassade d’Allemagne en France se chargera de leur porter assistance et soutien, a ajouté Günter Pleuger. Une cellule d’accueil et de soutien psychologique a par ailleurs été mise en place pour les recevoir dès leur arrivée à l’aéroport parisien de Roissy. Les victimes venues de toutes les régions d’Allemagne étaient parties de Francfort. À Paris, elles avaient embarqué à bord d’un Concorde affrété par la compagnie de croisière Peter Deilmann à destination de New York, point de départ d’une croisière de luxe de 15 jours dans les Caraïbes et le Pacifique. La nouvelle de la catastrophe a frappé les Allemands dans l’insouciance des vacances, leur chancelier en tête qui s’apprêtait à s’envoler à Majorque après un dernier Conseil des ministres mercredi. Lors de la cérémonie religieuse qui s’est déroulée dans le pavillon chrétien de l’Exposition universelle à Hanovre, Gerhard Schröder a transmis des messages de condoléances et de solidarité venus du monde entier aux familles des victimes, qui «attendaient avec impatience cette croisière». «L’Allemagne n’est pas seule dans sa tristesse», a-t-il souligné, avant d’ajouter que tout sera mis en œuvre pour aider les vivants à dire adieu à leurs défunts. «Mais quel adieu pour des personnes qui avaient fait un tel rêve...» Dépêché à Paris par Gerhard Schröder, le ministre allemand des Transports, Reinhardt Klimmt, a déclaré que la plupart des cadavres devraient être rapidement identifiés. «Les corps doivent être encore extraits et on peut dire que, pour environ 80, l’identification ira vite. Mais cela risque d’être très long pour les autres». Günter Pleuger a indiqué que l’ambassade d’Allemagne à Paris se chargerait de rapatrier les dépouilles des victimes. 33 autres personnes avaient pris le vol Concorde précédant celui qui s’est écrasé à Roissy, afin de se rendre elles aussi à New York pour la même croisière sur le MS Deutschland, a indiqué la compagnie de croisière Peter Deilmann, basée à Neustadt (nord). Les 33 vacanciers, arrivés à destination, ont embarqué sur le paquebot 5 étoiles. Les familles des victimes sont, elles, attendues au plus tard jeudi à Paris, a déclaré Peter Deilmann, précisant qu’Air France allait prendre en charge tous les frais de transport et d’hébergement. «Nous sommes tous encore sous le choc de ce grand malheur», a-t-il souligné, ajoutant qu’un service religieux aurait lieu jeudi matin à Neustadt. Sur les 96 morts allemands, 39 venaient de l’État régional de Rhénanie du Nord-Westphalie, 11 de Hesse, 10 de Bavière, les autres de Berlin, Basse-Saxe, Hambourg, Schleswig-Holstein, Mecklembourg-Poméranie, Bade-Wurtemberg et Brandebourg. Au total 113 personnes ont été tuées dans l’accident, 109 à bord du Concorde et 4 personnes au sol.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats «L’Allemagne est secouée, l’Allemagne est sonnée», a résumé en quelques mots le chancelier allemand Gerhard Schröder au cours d’un service religieux à Hanovre. «Notre respect va aux morts, notre sympathie à leurs proches», a-t-il ajouté. L’Allemagne était en état de choc hier, au lendemain de l’accident du Concorde survenu à Roissy, qui a coûté la vie à 96 de ses ressortissants, et tentait d’apporter réconfort et marques de solidarité aux proches des défunts. À Berlin, le chef de la cellule de crise composée d’une quinzaine de personnes mise en place par le ministère allemand des Affaires étrangères, Günter Pleuger, a souligné que presque toutes les familles des victimes avaient été informées. À une exception près, a-t-il précisé, toutes les familles allemandes ont été contactées –...