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Actualités - Chronologie

Emotion planétaire après l'accident

L’accident du Concorde d’Air France, avion symbole et exploit technologique, a suscité une émotion planétaire, y compris aux États-Unis, où le supersonique franco-britannique fut si longtemps combattu. Le président américain Bill Clinton a été l’un des premiers à réagir à la tragédie de Roissy, le grand aéroport parisien. «Je veux présenter les plus sincères condoléances du peuple américain aux familles de ceux qui sont morts», a déclaré dès mardi Bill Clinton, alors qu’il rendait compte de l’échec du sommet israélo-palestinien de Camp David. Cet événement historique était relégué au second plan hier dans les médias et journaux européens par la tragédie du Concorde, qui a fait mardi 113 morts et dont le retentissement a dépassé l’écho généralement accordé aux catastrophes aériennes. Le caractère unique du Concorde et son esthétique si particulière y sont sans doute pour beaucoup. «Cette machine bien réelle touche à l’utopie, résumant tout un optimisme technologique» antérieur à la crise économique, expliquait mercredi l’éditorialiste du quotidien français Libération. L’image du Concorde d’Air France, traînant une flamme de plusieurs dizaines de mètres juste avant de s’écraser, s’étalait mercredi à la une de tous les journaux publiés en Europe, y compris sur celle du quotidien américain International Herald Tribune. «Une première tragique pour le Concorde», annonçait le Herald Tribune, soulignant ainsi que cette catastrophe constituait le premier accident du supersonique franco-britannique, le seul appareil de ce type effectuant des vols commerciaux dans le monde, depuis le début de son exploitation commerciale en 1976. La presse britannique analysait les causes possibles de l’accident et estimait que l’incendie d’un moteur ne pouvait expliquait à lui seul la tragédie. Le pape Jean-Paul II et plusieurs grands dirigeants mondiaux ont adressé leurs condoléances au président français Jacques Chirac et au chancelier allemand Gerhard Schröder. Sur les 100 passagers de l’appareil, 96 étaient des Allemands. «Je vous prie de transmettre mes profondes condoléances au peuple ami allemand, à tous ceux qui ont subi des pertes lourdes et irréparables à la suite de cette tragédie», a écrit le président russe Vladimir Poutine à Gerhard Schröder, transmettant également un message au président Chirac. Le roi du Maroc Mohammed VI et le président tunisien Zine el-Abidine ben Ali ont également transmis des messages de sympathie, tandis que les responsables du Conseil de l’Europe et de la Commission européenne ont exprimé leur «profonde tristesse» et leur «consternation». Le président de la Commission européenne Romano Prodi a ainsi adressé un message de condoléances aux présidents français Jacques Chirac et allemand Johannes Rau. Quant à la présidente du Parlement européen Nicole Fontaine, elle a fait part de son «immense tristesse et de sa profonde sympathie à l’égard des proches des victimes et de leurs familles», dans un message au chancelier allemand Gerhard Schröder et aux présidents du Bundestag et du Bundesrat, les deux Chambres du Parlement allemand. «La catastrophe de Gonesse a aussi choqué les Pays-Bas. Recevez, ainsi que les proches des victimes, mes sincères condoléances au nom de mes compatriotes», a, de son côté, écrit le Premier ministre néerlandais Wim Kok à son homologue français Lionel Jospin, au président Chirac et au chancelier Schröder. La reine Beatrix des Pays-Bas a adressé un message similaire à M. Chirac ainsi qu’au président allemand Johannes Rau. Mais c’est bien sûr en Allemagne et en France que l’émotion est la plus forte. M. Schröder a assisté mercredi matin à un service religieux à la mémoire des victimes à Hanovre (Nord). «L’Allemagne est sonnée, choquée», a-t-il déclaré, mais «l’Allemagne n’est pas la seule à être triste». Le chancelier allemand s’est entretenu au téléphone avec Jacques Chirac et Lionel Jospin qui s’était rendu dès mardi sur les lieux de la catastrophe. Jacques Chirac devait participer mercredi en fin d’après-midi à une cérémonie œcuménique à Gonesse, la commune du nord de la région parisienne, où s’est écrasé le Concorde. L’accident du supersonique d’Air France a aussi endeuillé le salon de Farnborough, en Grande-Bretagne, grand rendez-vous bisannuel des industries de l’aéronautique et du transport aérien. Tous les drapeaux y ont été mis en berne «en signe de respect», selon un porte-parole. Cette intense émotion n’a pas empêché l’autre compagnie exploitante du Concorde, British Airways, de reprendre dès mercredi matin les vols du supersonique. Un Concorde de British Airways a décollé de l’aéroport de Heathrow à destination de New York.
L’accident du Concorde d’Air France, avion symbole et exploit technologique, a suscité une émotion planétaire, y compris aux États-Unis, où le supersonique franco-britannique fut si longtemps combattu. Le président américain Bill Clinton a été l’un des premiers à réagir à la tragédie de Roissy, le grand aéroport parisien. «Je veux présenter les plus sincères condoléances du peuple américain aux familles de ceux qui sont morts», a déclaré dès mardi Bill Clinton, alors qu’il rendait compte de l’échec du sommet israélo-palestinien de Camp David. Cet événement historique était relégué au second plan hier dans les médias et journaux européens par la tragédie du Concorde, qui a fait mardi 113 morts et dont le retentissement a dépassé l’écho généralement accordé aux catastrophes aériennes. Le...