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Actualités - Chronologie

Les colons soulagés mais vigilants

Les colons juifs de Cisjordanie ont poussé hier un soupir de soulagement après l’échec du sommet de Camp David, mais n’en demeurent pas moins inquiets pour leur avenir, de crainte que ce ne soit que partie remise. «Je suis ravi que le sommet ait échoué, au moins ça nous laisse le temps de nous débarrasser d’Ehud Barak», le Premier ministre israélien, affirme Dov Lévy Neumand, 62 ans, résident de Teqoa, une petite colonie isolée dans le sud de la Cisjordanie. Depuis quinze ans que cette implantation existe, «la menace d’un déracinement est suspendue comme une épée de Damoclès» au-dessus des mille familles de Teqoa, dit-il. Mais il relève avec satisfaction le nombre croissant des habitants de la colonie qui rend le démantèlement des colonies de plus en plus difficile. «Nous étions 50 000 (colons en Cisjordanie), aujourd’hui nous sommes 200 000», souligne-t-il. Un représentant de ces colons, Shlomo Philber, secrétaire général du Conseil des implantations juives en Judée-Samarie (Cisjordanie) et à Gaza est encore plus confiant. «Tout le processus lancé par Oslo s’est effondré. Le Premier ministre a eu besoin de beaucoup de temps pour comprendre qu’il n’y a pas de partenaire pour la paix de l’autre côté, mais il y est arrivé», exulte-t-il. Selon lui, les «Palestiniens ont raté une occasion unique de parvenir à la paix». Si un accord avait été conclu à Camp David, Teqoa, située à l’orée du désert de Judée, relativement isolée des autres colonies juives, se serait retrouvée en plein territoire souverain palestinien et son avenir aurait été fort problématique. Pour l’heure, la construction y va bon train comme si son avenir était assuré. La vie continue, et des enfants, en colonie de vacances, chantent sur une pelouse à l’entrée de la colonie. Aucun mouvement militaire particulier n’était visible, alors que ces derniers jours l’armée a entraîné au tir et aux premiers secours les habitants de plusieurs colonies du nord de la Cisjordanie. Des mitrailleuses et des fusils à lunettes leur ont été distribués. Autour des implantations, la garde a été renforcée. Dans la crainte qu’un sommet réussisse, les représentants des colons avaient proclamé un «état d’urgence» dans les colonies et annoncé le lancement d’une campagne de protestation. À la suite de son échec, cette campagne a été suspendue. Signe du soulagement : des dizaines de colons qui avaient entamé mardi une grève de la faim sous une tente à proximité de la Knesset à Jérusalem l’ont arrêtée. Le blocage annoncé de la circulation sur les principales routes d’Israël a été lui aussi été annulé pour le moment. Mais les colons demeurent vigilants. «Si le Premier ministre pense que le déracinement passera facilement, il se trompe. Les 200 000 colons se mobiliseront contre ce projet», souligne un responsable des colons, qui préfère garder l’anonymat. Le rabbin de Teqoa, Menahem Fruman, qui fait figure de modéré et parfois de doux rêveur s’en tient quant à lui à son idée de cohabitation judéo-arabe sur une base religieuse. «L’idée de l’État national ne peut réussir ici, juifs et arabes étant trop imbriqués les uns dans les autres. Il n’y a pas de raison que nous devenions une nouvelle Yougoslavie».
Les colons juifs de Cisjordanie ont poussé hier un soupir de soulagement après l’échec du sommet de Camp David, mais n’en demeurent pas moins inquiets pour leur avenir, de crainte que ce ne soit que partie remise. «Je suis ravi que le sommet ait échoué, au moins ça nous laisse le temps de nous débarrasser d’Ehud Barak», le Premier ministre israélien, affirme Dov Lévy Neumand, 62 ans, résident de Teqoa, une petite colonie isolée dans le sud de la Cisjordanie. Depuis quinze ans que cette implantation existe, «la menace d’un déracinement est suspendue comme une épée de Damoclès» au-dessus des mille familles de Teqoa, dit-il. Mais il relève avec satisfaction le nombre croissant des habitants de la colonie qui rend le démantèlement des colonies de plus en plus difficile. «Nous étions 50 000 (colons en...