La Cour constitutionnelle du Koweït a rejeté hier une requête présentée par des militantes des droits de la femme exigeant le droit de vote et d’éligibilité. La Cour constitutionnelle, dont les arrêts sont définitifs, a refusé de déclarer anticonstitutionnelle la loi électorale de l’émirat qui accorde des droits politiques aux hommes uniquement alors que la Constitution garantit l’égalité des sexes. L’arrêt a été rendu après l’examen par la Cour de quatre recours qui lui ont été soumis après qu’un tribunal administratif eut autorisé le 29 mai une militante des droits des femmes, Roula Dachti, à contester la loi électorale devant la plus haute instance juridique du pays. «La Cour a décidé de rejeter les requêtes en raison de vices de procédure», a déclaré le juge Mohammed al-Rifaï, lors d’une séance qui a duré une minute. Il a affirmé que les questions relatives à la loi électorale et la Constitution n’étaient pas du ressort du tribunal administratif qui avait renvoyé l’affaire devant la Cour constitutionnelle. «C’est un jour très triste dans l’histoire du Koweït. Nous espérions une décision positive mais le chemin semble être encore très long», a déclaré Mme Dachti, qui a éclaté en sanglots à l’énoncé du verdict. «Il est malheureux que nous devons recourir aux tribunaux pour obtenir nos droits. C’est très frustrant», a-t-elle ajouté. La Constitution garantit l’égalité entre les sexes alors que le premier article de la loi électorale accorde les droits politiques aux hommes seulement. «Cette situation est étrange. Sommes-nous différentes des hommes? Nous sommes également des êtres humains», s’est insurgée une autre militante, Mme Fatima al-Abdali. Les Koweïtiennes espèrent à présent un retournement de la situation après les vacances d’été lorsque la Cour constitutionnelle sera appelée à se prononcer sur une requête en faveur des droits politiques des femmes mais présentée cette fois par un homme, Adnane al-Issa. En novembre, le Parlement avait rejeté, sous l’impulsion des députés islamistes et tribaux, le droit de vote et d’éligibilité des femmes, s’opposant ainsi à un décret de l’émir Jaber al-Ahmad al-Sabah. Ce décret de l’émir, promulgué en mai 1999, accordait aux femmes leurs droits politiques à partir de la prochaine consultation électorale, en 2003. Des centaines de femmes avaient protesté en février contre le refus du ministère de l’Intérieur, qui procédait à une mise à jour des listes électorales, de les autoriser à y inscrire leurs noms. Après ces incidents, trois groupes féministes, ainsi que Mme Bachti et M. Hussein avaient porté plainte contre le ministère de l’Intérieur auprès du tribunal administratif qui les a autorisés à porter l’affaire devant la Cour constitutionnelle. Bien qu’exclues du processus électoral, les femmes au Koweït occupent des postes de premier plan dans le secteur privé, mais ne contrôlent qu’environ 5 % des postes importants de l’Administration. Koweït est la seule monarchie du Golfe à disposer d’un Parlement élu.
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