Leur rencontre, des détails de la vie de tous les jours, les projets sportifs ou familiaux... Marion Jones et C.J. Hunter, billets pour Sydney en poche, ont profité d’une journée de repos des sélections américaines pour se présenter pour la première fois en couple. L’occasion de raconter leur rencontre en 1995 à l’Université de Caroline du Nord où elle était étudiante en communication et où C.J. venait d’obtenir un poste d’entraîneur. «C’était en fin d’année, je devais aller à l’aéroport pour rejoindre Los Angeles où m’attendait ma famille et C.J. s’est proposé de m’y conduire», raconte-t-elle sous l’œil bienveillant de son époux. «Et bien sûr, mon avion avait du retard et on a discuté en se promettant de se revoir au retour». La promesse tenue lançait, entre une athlète de 20 ans et l’entraîneur de sept ans son aîné, une relation tenue «secrète pendant quelque temps sachant que ce n’était pas autorisé». Jusqu’à ce que l’entraîneur en chef l’apprenne et lance un ultimatum à Hunter. C’était Jones ou son poste d’entraîneur et «C.J. n’a pas hésité». Depuis, Jones et Hunter se sont mariés. Mais la question des enfants n’est pas d’actualité. «Nous avons déjà une famille, souligne-t-elle. C.J. a deux enfants (d’un précédent mariage), un garçon de 7 ans et une fille de 9. Et on a aussi deux chiens...». À 24 ans, elle ne sait pas encore combien d’enfants elle veut mais elle sait très bien combien de médailles elle souhaite conquérir à Sydney : cinq. Gros nounours Détendue, Jones se prête à toutes les questions, même les plus farfelues comme : qui sort les poubelles par exemple ? «C’est le vendredi et je le rappelle chaque fois la veille à C.J. mais comme par hasard, il n’est jamais là le matin», avoue Jones dans un éclat de rire. Elle profite de l’occasion pour prendre la défense d’un compagnon au visage souvent sombre, plutôt avare de paroles et qui joue parfaitement un rôle de garde du corps. «C’est quelqu’un de très protecteur, comme vous avez pu le remarquer, mais il est aussi quelqu’un de très tendre et prévoyant. En dehors de la piste, c’est un gros nounours». Le côté protecteur de C.J. ressort lorsqu’est évoqué le saut en longueur, le point faible de sa Little Marion. «Si vous êtes la quatrième performeuse de tous les temps en deux ans de pratique, pourquoi changer ? Juste parce que des gens qui n’ont jamais sauté de leur vie disent qu’il le faut ?», interroge-t-il en fixant le parterre de journalistes. Jones, elle, tente de calmer le jeu. De renouveler sa confiance et sa loyauté envers son entraîneur Trevor Graham : «Celui qui a bien voulu s’occuper de moi lorsqu’à mon retour en 1997 je n’ai trouvé personne dans la communauté de l’athlétisme». Jones avait vu sa saison 1996 gâchée par deux fractures de fatigue au pied, contractées en jouant au basket. «Et ce n’est pas seulement de la loyauté mais pour ses qualités d’entraîneur», souligne-t-elle, rappelant les qualifications de ses partenaires d’entraînement Latasha Colander-Richardson et Michelle Collins (400 m). Prête à le prouver encore elle-même à l’occasion du 200 m prévu le week-end.
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