Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Berezovski décide de créer un parti d'opposition

L’homme d’affaires russe Boris Berezovski, jadis proche du Kremlin, a annoncé hier son intention de créer un parti d’opposition face à «la dérive autoritaire» du président Vladimir Poutine, sans convaincre ni de sa bonne foi ni de sa capacité à mener à bien ce projet. Le milliardaire (54 ans) a fait cette annonce en présentant officiellement sa démission de son poste de député de la Douma. «Je pars la conscience tranquille et le cœur lourd (...) Aujourd’hui, des centaines de milliers de personnes commencent à comprendre où va le pouvoir», a déclaré M. Berezovski, qui a mené croisade contre la réforme-phare du président Poutine sur les régions. Le magnat n’a pas désarmé pour autant et a déclaré avoir «encore assez de force pour lutter», proposant de créer «un parti d’opposition constructive». Il a rappelé le rôle qu’il avait joué l’année dernière lors de la création du parti pro-Kremlin Unité qui a fait une percée spectaculaire aux législatives de décembre, pour arriver juste derrière les communistes. C’est en vue de la création de ce futur parti, a relevé Nezavissimaïa Gazeta (contrôlé par M. Berezovski), qu’a été annoncée samedi dernier la création d’un nouveau holding, réunissant les nombreux médias qu’il contrôle. L’idée de ce nouveau parti n’est guère prise au sérieux par les experts et dans la classe politique le ton est à la prudence. «Pourquoi se lier à un tel parti et s’opposer à l’avance au président (Poutine) et à son équipe? Ce n’est pas sans danger», a déclaré Alexeï Lebed, gouverneur de Khakassie (Sibérie). Pour Konstantin Titov, gouverneur de la région de Samara (Volga), l’idée d’un tel parti est «très brumeuse». Les analystes voient dans l’attitude de l’oligarque une manière de botter en touche alors qu’il est en passe d’être rattrapé par «les affaires». «Il se fait de la publicité et veut se créer une image d’opposant pour se protéger des poursuites judiciaires», a estimé Evgueni Volk, alors que Boris Berezovski a été entendu comme témoin dans l’enquête sur l’affaire Aéroflot portant sur le détournement de dizaines de millions de dollars. Boris Berezovski veut «s’appuyer sur les oligarques effrayés par les attaques (de M. Poutine) et les gouverneurs mécontents de la réforme régionale, mais il lui sera très difficile de rassembler des forces aussi hétéroclites», a ajouté M. Volk. Interviewé par l’hebdomadaire Vlast, Vladislav Sourkov, responsable adjoint de l’Administration présidentielle, considère M. Berezovski comme un «homme qui suscite des conflits» lorsqu’il est dans l’impasse et qui, dans le cas présent, «n’arrivera à rien». «Ayant vraisemblablement compris qu’il n’a plus sa place dans l’entourage du président, il se tourne vers la province pour susciter une révolte des régions», a relevé M. Sourkov. «Berezovski n’est pas un homme avec qui on crée un parti», estime pour sa part le politologue Iouri Korgouniouk. «Dans l’opinion publique, c’est un démon et s’allier avec lui revient à se mettre avec ceux qui sont au ban de la société», estime-t-il ajoutant que «son domaine d’action, c’est l’ombre et la mystification». Seul le gouverneur de la région de Saratov (Volga), Dmitri Aïatskov, a annoncé qu’il rejoindrait le futur parti. Il faut «considérer avec respect la position de M. Berezovski», a-t-il dit.
L’homme d’affaires russe Boris Berezovski, jadis proche du Kremlin, a annoncé hier son intention de créer un parti d’opposition face à «la dérive autoritaire» du président Vladimir Poutine, sans convaincre ni de sa bonne foi ni de sa capacité à mener à bien ce projet. Le milliardaire (54 ans) a fait cette annonce en présentant officiellement sa démission de son poste de député de la Douma. «Je pars la conscience tranquille et le cœur lourd (...) Aujourd’hui, des centaines de milliers de personnes commencent à comprendre où va le pouvoir», a déclaré M. Berezovski, qui a mené croisade contre la réforme-phare du président Poutine sur les régions. Le magnat n’a pas désarmé pour autant et a déclaré avoir «encore assez de force pour lutter», proposant de créer «un parti d’opposition constructive»....