L’Organisation de l’unité africaine (OUA) va examiner «des mesures à caractère militaire» contre l’île comorienne séparatiste d’Anjouan pour tenter de la faire revenir dans le giron de Moroni, ont indiqué lundi des diplomates. L’OUA se dirige vers «la phase III (du train de sanctions imposées par elle) qui constitue des mesures à caractères militaires» contre Anjouan, déjà sous le coup d’un embargo, a déclaré à l’AFP un diplomate africain proche du dossier. Samedi, une nouvelle mission de médiation de cinq experts de l’OUA a quitté les Comores sans avoir obtenu de résultats conséquents. La mission dirigée par l’envoyé spécial mozambicain Francisco Caetano Madeira a tenté, en six jours de discussions, de résoudre ce que l’OUA appelle la «double crise comorienne, constitutionnelle et séparatiste» : d’une part, convaincre la junte militaire à Moroni de rendre le pouvoir aux civils et, d’autre part, mettre fin à la crise séparatiste anjouanaise. Anjouan a proclamé unilatéralement son indépendance du reste des Comores le 3 août 1997 et, le 30 avril 1999, une junte militaire a pris le pouvoir aux Comores grâce à un coup d’État. «Suite à la visite (aux Comores), un rapport sera rapidement soumis aux pays de la région (10) et à la Troïka (Burkina Faso, Algérie, Togo) et après approbation, ils feront des recommandations concrètes au Conseil des ministres de l’OUA à Lomé du 6 au 8 juillet», a ajouté ce diplomate africain, qui a requis l’anonymat. Des experts militaires pourront éventuellement se réunir pour une coordination, a-t-on précisé de même source. «Une décision doit être prise à Lomé, elle le sera et ce ne sont que l’application des décisions qui ont été prises par le passé et qui sont de l’avis de tout le monde», a déclaré à l’AFP un autre diplomate africain proche de l’OUA. Ni la junte militaire du colonel Azali Assoumani à Moroni ni le régime anjouanais dirigé par le lieutenant-colonel Saïd Abeid Abdérémane ne sont reconnus par l’OUA ni par la communauté internationale. L’OUA a imposé le 20 mars un embargo économique sévère contre Anjouan, interdisant tout lien aérien ou maritime et coupant même les télécommunications avec l’île. L’organisation panafricaine a parrainé, le 23 avril 1999, l’accord d’Antananarivo, qui prévoyait une réunification des trois îles des Comores – Grande Comore, Mohéli et Anjouan – dans une union procurant une large autonomie à chacune d’elles. Mohéli et la Grande Comore l’avaient paraphé, mais pas Anjouan.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Organisation de l’unité africaine (OUA) va examiner «des mesures à caractère militaire» contre l’île comorienne séparatiste d’Anjouan pour tenter de la faire revenir dans le giron de Moroni, ont indiqué lundi des diplomates. L’OUA se dirige vers «la phase III (du train de sanctions imposées par elle) qui constitue des mesures à caractères militaires» contre Anjouan, déjà sous le coup d’un embargo, a déclaré à l’AFP un diplomate africain proche du dossier. Samedi, une nouvelle mission de médiation de cinq experts de l’OUA a quitté les Comores sans avoir obtenu de résultats conséquents. La mission dirigée par l’envoyé spécial mozambicain Francisco Caetano Madeira a tenté, en six jours de discussions, de résoudre ce que l’OUA appelle la «double crise comorienne, constitutionnelle et...