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Actualités - Chronologie

Les juifs de Chiraz, une communauté multimillénaire

Les juifs iraniens de Chiraz (sud), au nombre de 6 000 à 7 000, s’énorgueillissent d’avoir participé à la création de leur ville, multimillénaire, qui compte 1,5 millions d’habitants et veulent y maintenir leur présence et leur culture. Très sensibilisés au procès de leurs coreligionnaires sur l’espionnage pour Israël, tristes et souvent révoltés à l’annonce du verdict, les juifs de Chiraz forment une communauté soudée, constituée de gens généralement pauvres à l’exception d’une minorité qui a réussi dans les affaires et la médecine. Les deux principaux juifs condamnés, Hamid Tefelin, marchand de chaussures de 31 ans, et Asher Zadmehr, un professeur de langues, 54 ans, qui ont écopé de treize ans de prison ferme, sont des enfants de la ville. Les juifs de Chiraz se sentent solidaires de la minorité juive d’Iran (30 à 35 000 personnes), implantée depuis des millénaires dans un pays, celui de la reine Esther, qui est l’un des berceaux de leur religion et de leur culture. Depuis la révolution islamique de 1979, près de 40 000 juifs, dont au moins 5 000 Chirazis, ont émigré notamment aux États-Unis, en Europe occidentale et en Israël. Mais cette baisse démographique, qui a des explications tant politiques qu’économiques, s’accompagne d’un renouvellement de la ferveur religieuse et d’un renforcement de l’attachement à la culture et aux traditions anciennes, notamment à Chiraz. Les juifs d’Iran disposent de la liberté de culte mais peuvent être soumis, selon des spécialistes, à certaines restrictions de fait, notamment pour les voyages à l’étranger et l’accès à la haute fonction publique. Il y a aujourd’hui 56 synagogues ouvertes en Iran, dont 24 à Téhéran, qui compte le plus de juifs, et huit à Chiraz. L’hébreu ancien est redécouvert, mais l’hébreu moderne est pratiquement inexistant. Les juifs de Chiraz sont principalement commerçants, entrepreneurs, artisans, mais aussi médecins. Cette communauté, selon ses responsables, est très «soudée», mais se considère comme «iranienne avant d’être juive». Elle s’arc-boute sur ses droits, mais s’attache aussi à éviter un repli sur elle-même. Sur le mur de la grande synagogue Rabi-Zadeh de Chiraz, qui peut contenir plus de 1 000 fidèles, une phrase de l’imam Khomeyni a été tracée en gros caractères : «Nous respectons les minorités religieuses qui font partie de notre peuple, et l’islam ne permet pas qu’on les opprime». Il y a quelques semaines, la communauté juive de Chiraz a obtenu un dédommagement – environ 200 000 dollars – pour la fermeture, en 1960, d’une école juive par le Chah. En revanche, le dernier restaurant casher de la ville a fermé ses portes en juin 1999, après la mort du propriétaire, mais un grand abattoir demeure.
Les juifs iraniens de Chiraz (sud), au nombre de 6 000 à 7 000, s’énorgueillissent d’avoir participé à la création de leur ville, multimillénaire, qui compte 1,5 millions d’habitants et veulent y maintenir leur présence et leur culture. Très sensibilisés au procès de leurs coreligionnaires sur l’espionnage pour Israël, tristes et souvent révoltés à l’annonce du verdict, les juifs de Chiraz forment une communauté soudée, constituée de gens généralement pauvres à l’exception d’une minorité qui a réussi dans les affaires et la médecine. Les deux principaux juifs condamnés, Hamid Tefelin, marchand de chaussures de 31 ans, et Asher Zadmehr, un professeur de langues, 54 ans, qui ont écopé de treize ans de prison ferme, sont des enfants de la ville. Les juifs de Chiraz se sentent solidaires de la...