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Actualités - Chronologie

Qu'est-ce que le blanchiment ?

Le Liban se défend d’être un centre de blanchiment d’argent, mais dans l’imaginaire occidental, la «Lebanon connection», comme la « Pizza connection » sont des synonymes de cette opération. Le blanchiment, c’est un crime organisé qui a pour objectif de réinjecter dans le circuit économique les fonds générés par des activités criminelles. Le blanchiment évoque le trafic de drogue, mais il concerne aussi des infractions tels que le vol, le chantage, la corruption ou le détournement de fonds publiques. Il n’existe évidemment pas de statistiques fiables sur l’ampleur du phénomène, mais l’Onu comme le Gafi l’estiment à 75 milliards de dollars par an, soit autant que les ventes de pétrole réalisées annuellement au niveau mondial. Les méthodes utilisées pour le blanchiment ont bien changé ces dernières années et le gangster venant déposer des liasses de billets au guichet d’une banque appartient au passé, les techniques de blanchiment devenant toujours plus sophistiquées. Complexité croissante L’argent d’origine criminelle est généralement liquide. Le premier pas (prélavage) consiste donc à déposer ces billets dans une banque où ils sont portés en compte, ce qui leur permettra par la suite de n’apparaître que sous forme d’écriture comptable. Ce type d’opération n’est plus possible sur les grandes places financières mondiales, ces dernières s’étant toutes dotées de mesures préventives très sévères. Mais pour peu que les dépôts portent sur un mélange d’argent propre et sale, il devient difficile d’en reconnaître l’origine criminelle. Ainsi, des entreprises dans lesquelles circule beaucoup d’argent liquide (casinos, restaurants, commerce d’objets d’art, par exemple) peuvent servir d’écran pour des opérations de blanchiment. Ce prélavage effectué, l’argent est acheminé vers des places financières internationales grâce aux systèmes électroniques de virement. Toutes les ruses sont bonnes pour créer la confusion et les blanchisseurs mettent en place des réseaux complexes de comptes, établis à des noms différents, souvent avec la complicité d’hommes de paille d’excellente réputation. L’argent ne devenant «propre» que lorsque son origine criminelle est définitivement masquée, le blanchisseur peut, par exemple, obtenir un prêt bancaire pour une opération immobilière en offrant, comme garantie, des fonds d’origine criminelle déposés auprès d’un homme de paille. En remboursant ensuite l’emprunt, le blanchisseur injecte des fonds d’origine criminelle dans le circuit légal. Entraide internationale Les organisations criminelles agissant sur un plan international, les autorités chargées de lutter contre le blanchiment sont également organisées sur le plan international et c’est la raison pour laquelle la Suisse a signé de nombreux accords d’entraide judiciaire et dispose d’une loi fédérale sur l’entraide internationale en matière pénale (EIMP), entrée en vigueur en 1983. L’EIMP a été révisée et renforcée en 1997, notamment pour accélérer le traitement des demandes en limitant les possibilités de recours. La place financière suisse est une des plus importantes du monde (3 000 milliards de francs y sont gérés) et tous ses acteurs sont conscients du fait qu’elle ne peut prospérer et maintenir sa haute réputation qu’en luttant contre le crime organisé.
Le Liban se défend d’être un centre de blanchiment d’argent, mais dans l’imaginaire occidental, la «Lebanon connection», comme la « Pizza connection » sont des synonymes de cette opération. Le blanchiment, c’est un crime organisé qui a pour objectif de réinjecter dans le circuit économique les fonds générés par des activités criminelles. Le blanchiment évoque le trafic de drogue, mais il concerne aussi des infractions tels que le vol, le chantage, la corruption ou le détournement de fonds publiques. Il n’existe évidemment pas de statistiques fiables sur l’ampleur du phénomène, mais l’Onu comme le Gafi l’estiment à 75 milliards de dollars par an, soit autant que les ventes de pétrole réalisées annuellement au niveau mondial. Les méthodes utilisées pour le blanchiment ont bien changé ces...