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Actualités - Conferences Internationales

Société - Tendance à la désintégration Citadelles glamour pour riches

Des «villes dans les villes», citadelles «glamour» aux services sans égal, mais de plus en plus réservées à une élite aisée : c’est l’avenir mondial de l’urbanisation tel que le prédisent cette semaine des experts internationaux à Johannesburg. «Ce n’est pas une bonne époque pour les villes. Globalement, on va vers une période très sombre, sauf pour 20 % de la population», a déclaré Saskia Sassen, sociologue du développement urbain, à la conférence «Avenirs urbains» tenue dans la plus grande métropole d’Afrique subsaharienne. Une urbanisation qui continue de galoper, couplée à la privatisation, la déréglementation et la fragmentation des services : les tendances actuelles condamnent la plupart des grandes métropoles du monde à une désintégration, a ajouté la sociologue de l’Université de Chicago. Johannesburg illustre ce «nouvel ordre spatial», avec le développement constant des «villes glamour» de Rosebank et Sandton, quartiers aisés au nord du centre historique, où de plus en plus de firmes s’installent. Ces citadelles sont les «centre-villes» de demain, selon Mme Sassen. Le déménagement des entreprises, ou encore de la Bourse prochainement, laisse un vide et détruit ce qui restait de cohésion des villes. Les gens craignent et évitent les anciens centres à l’abandon, et «le pire peut arriver à une ville dont les habitants ont peur des espaces publics», prévient Sassen. Apartheid économique En écho aux craintes des 800 conférenciers d «Urban futures», des manifestants ont protesté, à l’extérieur, contre le projet Igoli-2002 de restructuration des services à Johannesburg, avec cession au privé de tranches des transports et de la gestion des eaux. Ils ont dénoncé «l’apartheid économique se substituant à l’apartheid racial». Et l’isolement des 80 % de citadins laissés derrière, incapables de s’offrir – voire d’accéder physiquement – à ces nouveaux centres et leurs services, est accru par la révolution informatique, estime Manuel Castells, professeur de planification urbaine a l’Université de Californie. Selon lui, le monde se dirige vers des métropoles sans cesse plus grandes, des «mégaconstellations», qui via l’informatique et l’Internet, se soucieront plus de rester des villes «globales» en prise avec l’économie mondiale, que de répartir les ressources localement et équitablement à leurs portes. Où toujours plus de migrants viendront frapper, quoi qu’il arrive. En Afrique particulièrement, le choc est rude. Castells a cité des statistiques de développement urbain selon lesquelles 63 % des Africains au sud du Sahara vivront dans des villes d’ici à 2020. «L’Afrique s’urbanise rapidement, mais dans le même temps l’urbanisation est un concept nouveau» pour l’Afrique, où liens et échanges entre société citadine et société rurale sont restés forts, a souligné Elong Mbassi, ex-président de l’Association mondiale des villes et collectivités locales. De plus, ajoute-t-il, les villes africaines ont historiquement été façonnées sur des concepts européens qui s’appliquent mal. «Il y a un besoin de redéfinir la ville africaine» en intégrant mode de vie et traditions locales. Mais, dans le même temps, la population semble avoir du mal à adhérer «à une vision commune» sur ce que doit être cette ville africaine. M. Mbassi a cité l’exemple de la métropole camerounaise de Douala (2,5 millions d’habitants environ), où l’urbanisation mal digérée aboutit «à l’absence de tout sentiment d’appartenance ou de citoyenneté à la ville... beaucoup de gens ne se sentent pas faisant partie de Douala». Pourtant, affirme-t-il, «les villes sont le seul lien par lequel l’Afrique pourra garder le contact, participer à la communauté globale».
Des «villes dans les villes», citadelles «glamour» aux services sans égal, mais de plus en plus réservées à une élite aisée : c’est l’avenir mondial de l’urbanisation tel que le prédisent cette semaine des experts internationaux à Johannesburg. «Ce n’est pas une bonne époque pour les villes. Globalement, on va vers une période très sombre, sauf pour 20 % de la population», a déclaré Saskia Sassen, sociologue du développement urbain, à la conférence «Avenirs urbains» tenue dans la plus grande métropole d’Afrique subsaharienne. Une urbanisation qui continue de galoper, couplée à la privatisation, la déréglementation et la fragmentation des services : les tendances actuelles condamnent la plupart des grandes métropoles du monde à une désintégration, a ajouté la sociologue de l’Université de...