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Actualités - Chronologie

Prêts à tout pour émigrer

Des milliers de Chinois, prêts à tout risquer pour réaliser leur rêve d’une vie meilleure en Occident, sont manipulés par des réseaux aux ramifications internationales qui leur font payer le voyage au prix fort. Les 58 Asiatiques découverts morts lundi à leur arrivée à Douvres dans un camion frigorifique étaient vraisemblablement Chinois, a indiqué la police britannique. Leur drame est le dernier d’une série entamée en début d’année sur la côte ouest des États-Unis, avec les découvertes successives de cinq conteneurs chargés de clandestins chinois, dont trois ont trouvé la mort. Les candidats au voyage doivent parfois payer jusqu’à 32 000 dollars à une «tête de serpent», ou membre d’un réseau d’immigration clandestine. Ils devront rembourser l’essentiel de la somme une fois arrivés à destination en travaillant quasi gratuitement pour le même réseau. Le voyage peut durer un mois. Les passagers, enfermés dans un conteneur sans aération, font leurs besoins dans un seau impossible à vider. Ceux qui survivent arrivent à destination déshydratés et en état d’inanition. Les femmes auront au besoin été violées par les «têtes de serpent». Mais l’horreur du voyage ne dissuade pas forcément. «Il y en a qui sont arrêtés et rapatriés, mais qui veulent quand même repartir», explique Zheng Xuxian, un policier chinois spécialiste de l’émigration clandestine. Beaucoup, inconscients du danger, sont maintenus dans l’erreur par des passeurs qui s’emploient à rassurer. Quant aux médias chinois, ils se penchent rarement sur le sujet et la télévision ne montre pas les images des victimes, simplement celles des rapatriements. Dans le cas de Douvres, la presse officielle est jusqu’à présent restée discrète, omettant de souligner que les clandestins étaient vraisemblablement d’origine chinoise. Les découvertes de clandestins ne sont que la partie émergée de l’iceberg, estime Frank Lu, du Centre d’information sur les droits de l’homme et la démocratie. Selon cette organisation de Hong Kong, plus d’un demi-million de Chinois ont tenté d’émigrer l’an dernier. «C’est tragique. Il y a beaucoup d’autres morts dont nous n’entendrons jamais parler», estime-t-il. Selon lui, 3 000 clandestins ont été arrêtés l’an dernier au seul aéroport de Pékin alors qu’ils tentaient de gagner l’étranger avec des faux papiers. Il leur suffit le plus souvent «d’arroser» un responsable de la police des frontières pour que ce dernier ferme les yeux si les papiers en question font vraiment trop faux. Un membre de la police des frontières a été condamné lundi à 18 mois de prison pour avoir laissé partir un compatriote en l’échange d’un pot-de-vin. D’après Jack Lin, un responsable des questions d’immigration à l’ambassade des États-Unis, certains clandestins échangent leur carte d’embarquement dans les toilettes de l’aéroport. Selon M. Lu, d’autres sont conduits jusqu’à la passerelle de l’avion par du personnel de l’aéroport qui leur fait traverser la piste et échapper à tout contrôle. «Depuis cette année, il suffit d’avoir 4 000 dollars dans un compte en banque pour obtenir un passeport de tourisme», ajoute M. Lu, qui prévoit une nouvelle vague d’immigration à destination des pays occidentaux. Une autre combine répandue consiste à acheter le vrai passeport d’un ressortissant étranger d’origine chinoise qui n’a plus qu’à faire une déclaration de perte auprès de son consulat. Les sanctions restent relativement bénignes en regard du droit chinois. Un passeur encourt au maximum une peine de 3 ans de prison, tandis que les clandestins rapatriés s’en tirent en général avec quelques semaines de détention.
Des milliers de Chinois, prêts à tout risquer pour réaliser leur rêve d’une vie meilleure en Occident, sont manipulés par des réseaux aux ramifications internationales qui leur font payer le voyage au prix fort. Les 58 Asiatiques découverts morts lundi à leur arrivée à Douvres dans un camion frigorifique étaient vraisemblablement Chinois, a indiqué la police britannique. Leur drame est le dernier d’une série entamée en début d’année sur la côte ouest des États-Unis, avec les découvertes successives de cinq conteneurs chargés de clandestins chinois, dont trois ont trouvé la mort. Les candidats au voyage doivent parfois payer jusqu’à 32 000 dollars à une «tête de serpent», ou membre d’un réseau d’immigration clandestine. Ils devront rembourser l’essentiel de la somme une fois arrivés à destination...