Une armée de réservistes portugais a mis en déroute mardi à Rotterdam la présumée glorieuse équipe d’Allemagne, machine à gagner des années 90 reléguée désormais au rang de puissance de deuxième zone sur l’échiquier du football européen. Étrillée 3 à 0 par une équipe comportant pas moins de... neuf nouveaux joueurs par rapport à celle ayant péniblement disposé de la Roumanie dimanche (1-0), l’Allemagne sort vraiment de cet Euro-2000 par l’issue de secours. Faut-il en effet rappeler que ce pays où le foot est le sport-roi, où l’on ne parle pas de l’équipe d’Allemagne mais de l’équipe nationale («Nationalmannschaft»), a remporté la Coupe du monde en 1990 et le dernier championnat d’Europe en 1996 ? Qu’elle n’a jamais, depuis l’Euro-84 en France, été éliminée du premier tour de cette compétition ? Que sa Fédération (DFB) compte 5,8 millions de licenciés, soit 60 fois plus que le Portugal ? Ces vérités-là montrent l’étendue d’un désastre que personne ne soupçonnait. Deux jours avant l’ouverture de cette session européenne, le quotidien populaire Bild (4 millions d’exemplaires, 10 millions de lecteurs) titrait ainsi : «Voilà pourquoi nous sommes optimistes». Et d’égrainer les raisons d’y croire, depuis la bonne ambiance régnant au sein de l’équipe jusqu’à la qualité retrouvée des attaquants, en passant par le sérieux du stage de préparation espagnol à Majorque. Moyennant quoi, avec un misérable – mais fort beau – but en trois matchs de Mehmet Scholl, qui n’est pas avant-centre mais milieu de terrain, cette équipe ne doit qu’à l’extrême indigence offensive du Danemark de ne pas hériter du bonnet d’âne de l’attaque. Remplacer Ribbeck Avec les défaites vient aussi le temps dit du «changement». D’entraîneur, s’entend. Car le réservoir de joueurs de Bundesliga susceptibles de porter le maillot de la «Mannschaft» sonne aujourd’hui un peu creux. Alors, on changera de cocher. «J’ai échoué», a reconnu mardi Erich Ribbeck, très digne, avant de remettre sa démission dès hier, relançant cette fois encore le débat sur sa succession inauguré pas plus tard que le jour même de sa nomination après le Mondial-98. On imagine donc l’esseulé Ribbeck assez envieux aujourd’hui du sort de son homologue portugais Humberto Coelho. Voilà en effet cette équipe portugaise au jeu inspiré en train de revêtir un initialement improbable costume de favori. Sa victoire in extremis devant la Roumanie avait laissé planer quelques doutes après les commentaires dithyrambiques que lui avait attiré son probant succès devant l’Angleterre (3-2). Ils ne sont plus franchement permis aujourd’hui. D’abord parce que le succès roumain face à la formation de Kevin Keegan (3-2) atteste a posteriori de la performance des Portugais. Ensuite parce que la manière affichée devant l’Allemagne laisse augurer d’autres succès. D’autant que les munitions sont loin d’être épuisées, comme en témoigne le triplé du soit-disant remplaçant Sergio Conceiçao.
Une armée de réservistes portugais a mis en déroute mardi à Rotterdam la présumée glorieuse équipe d’Allemagne, machine à gagner des années 90 reléguée désormais au rang de puissance de deuxième zone sur l’échiquier du football européen. Étrillée 3 à 0 par une équipe comportant pas moins de... neuf nouveaux joueurs par rapport à celle ayant péniblement disposé de la Roumanie dimanche (1-0), l’Allemagne sort vraiment de cet Euro-2000 par l’issue de secours. Faut-il en effet rappeler que ce pays où le foot est le sport-roi, où l’on ne parle pas de l’équipe d’Allemagne mais de l’équipe nationale («Nationalmannschaft»), a remporté la Coupe du monde en 1990 et le dernier championnat d’Europe en 1996 ? Qu’elle n’a jamais, depuis l’Euro-84 en France, été éliminée du premier tour de cette...
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