Accueillants, feutrés, baignant dans le climat doux, les salons de soins esthétiques, de remise en forme, de maquillage ou de coiffure sont des endroits qui poussent aux confidences. Les barrières sociales s’effondrent et, sous les manipulations habiles des mains expertes, on retrouve le plaisir d’être dorloté comme dans sa première enfance. «Je connais tout de la vie de mes clientes, informe une de ces prêtresses de la beauté. «J’ai une relation privilégiée avec certaines d’entre elles. De véritables liens qui n’ont rien à faire avec le travail et l’argent»... En cabine, durant les soins, des liens se créent, la relation n’est plus celle d’un service rémunéré. Dans l’espace clos où les nerfs se détendent, les langues se délient et les barrières tombent. «Je suis au courant, plaisante une prêtresse très appréciée de la remise en forme, des frasques des maris, des faux pas de ces dames, de leur peur de vieillir, des ennuis familiales. Je n’ai pas besoin de lire des romans. Chacune m’apporte le sien. Parfois avec des détails qu’on ne trouve pas dans les livres...». N’est-il pas étonnant que la littérature n’ait pas jusqu’à présent exploré ce filon ? Il y a eu récemment un film de Tonie Mars, Venus Beauté, avec Nathalie Baye mais le sujet est tellement vaste... Autant que celui des amitiés qui se tissent avec les vendeuses ou les vendeurs des établissements où on y va régulièrement... Mais là tout n’est pas toujours rose. Aux Folies d’Élodie, la boutique «in» parisienne, les vendeuses ont dressé un tableau des clientes leur servant de guide : – L’indécise : la plus pénible, la plus éreintante. Elle peut rester des heures à hésiter entre deux ou trois choses. Même si pour s’excuser elle fait preuve de gentillesse, mieux vaut l’éviter comme la peste... – La déterminée : elle entre comme une tornade, elle voit tout en un clin d’œil, elle choisit en dix minutes, règle le tout et s’en va. La cliente idéale, mais en peu d’exemplaires. – L’hystérique : très régulière durant les soldes. Nerveuse, pressée, fouilleuse. Elle mélange, tâte, essaie pendant des heures et s’en va, sans rien prendre, hargneuse et véhémente... – La pondeuse maternelle : elle traîne avec elle toute sa progéniture qui touche à tout, grimpe sur les comptoirs, farfouille dans les paniers, se cache derrière les cintres. Quand la mère se décide d’acheter quelque chose, il lui faut un quart d’heure pour réunir la meute et passer à la caisse...
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Accueillants, feutrés, baignant dans le climat doux, les salons de soins esthétiques, de remise en forme, de maquillage ou de coiffure sont des endroits qui poussent aux confidences. Les barrières sociales s’effondrent et, sous les manipulations habiles des mains expertes, on retrouve le plaisir d’être dorloté comme dans sa première enfance. «Je connais tout de la vie de mes clientes, informe une de ces prêtresses de la beauté. «J’ai une relation privilégiée avec certaines d’entre elles. De véritables liens qui n’ont rien à faire avec le travail et l’argent»... En cabine, durant les soins, des liens se créent, la relation n’est plus celle d’un service rémunéré. Dans l’espace clos où les nerfs se détendent, les langues se délient et les barrières tombent. «Je suis au courant, plaisante une...