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Actualités - Chronologie

300.000 morts en Thailande

La Thaïlande, durement frappée par le sida, a du mal à lutter contre cette pandémie qui touche un Thaïlandais sur 60, faute notamment de médicaments accessibles. Des centaines de milliers de personnes qui ont contracté le virus HIV responsable du syndrome immunodéficitaire acquis (sida) il y a dix ans au plus fort de la pandémie vont bientôt mourir, ont averti à Bangkok des experts en santé publique. «Si nous ne pouvons pas soigner ces gens, ils vont bientôt mourir», a déclaré Chaiyos Kunanusont, ancien directeur du programme de lutte contre le sida en Thaïlande. «La situation actuelle est comparable à celle d’un immeuble cerné par les flammes. Si nous ne sommes pas extrêmement prudents, l’immeuble entier va brûler», a ajouté cet expert. Les scientifiques s’interrogent sur les raisons de la propagation aussi rapide du virus HIV en Thaïlande, où il a infecté près d’une personne sur soixante. Sur le million d’individus porteurs du virus, 300 000 sont déjà morts. «La situation est très sérieuse, probablement la plus sérieuse dans la région», a déclaré de son côté Wiwat Rojanapithayakorn, directeur régional du Programme des Nations unies sur le sida (Unaids). «Nous essayons de chercher tous les moyens de faciliter l’accès aux médicaments», a-t-il dit. L’un de ces moyens serait le recours à une disposition de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui autorise un pays, en situation d’urgence, à copier un médicament protégé par un brevet, font valoir des militants de la lutte antisida. Mais la Thaïlande est réticente à utiliser ce moyen en raison notamment de pressions américaines. L’organisation non gouvernementale (ONG) Médecins sans frontières (MSF) à Bangkok a critiqué les États-Unis sur ce point, jugeant que l’attitude américaine, protégeant les grands groupes pharmaceutiques, empêchait les pays en développement d’avoir accès aux médicaments pouvant prolonger la vie des malades. En mai dernier, les plus grosses firmes pharmaceutiques mondiales ont annoncé une réduction allant jusqu’à 85 % du prix de ces médicaments. Mais de nombreux experts soulignent que seuls quelques médicaments déjà anciens et dont le brevet arrive à expiration sont concernés par cette mesure. Les médicaments les plus récents, et les plus efficaces, restent à des prix prohibitifs, selon ces experts. Selon le porte-parole d’une fondation thaïlandaise de lutte contre le sida, John Ungphakorn, les experts en santé publique «n’ont guère vu de résultats concrets à la suite de l’annonce» des firmes pharmaceutiques. «C’est une décision prise uniquement pour lutter contre les critiques dont les firmes pharmaceutiques ont été l’objet», a-t-il ainsi estimé. Pire, les médicaments à prix réduits ne sont accessibles qu’au ministère de la Santé qui ne traite qu’une infime partie des patients souffrant du sida. Selon le responsable de l’Unaids en Thaïlande, le prix prohibitif des médicaments antisida épuise les ressources financières que le gouvernement consacre à la lutte contre le sida. «En ce moment, 75 % du budget de lutte antisida est affecté aux personnes déjà infectées par le virus et le reste va à la prévention. C’est complètement déséquilibré, mais comment pourrait-on blâmer le gouvernement ?», a-t-il remarqué.
La Thaïlande, durement frappée par le sida, a du mal à lutter contre cette pandémie qui touche un Thaïlandais sur 60, faute notamment de médicaments accessibles. Des centaines de milliers de personnes qui ont contracté le virus HIV responsable du syndrome immunodéficitaire acquis (sida) il y a dix ans au plus fort de la pandémie vont bientôt mourir, ont averti à Bangkok des experts en santé publique. «Si nous ne pouvons pas soigner ces gens, ils vont bientôt mourir», a déclaré Chaiyos Kunanusont, ancien directeur du programme de lutte contre le sida en Thaïlande. «La situation actuelle est comparable à celle d’un immeuble cerné par les flammes. Si nous ne sommes pas extrêmement prudents, l’immeuble entier va brûler», a ajouté cet expert. Les scientifiques s’interrogent sur les raisons de la propagation...