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Actualités - Conferences Internationales

SIDA et mortalité infantile

L’Afrique australe, hôte de la conférence sur le sida, est la région la plus sinistrée au monde par la maladie, avec des taux d’infection atteignant un adulte sur trois, une espérance de vie réduite de plus de 20 ans, sur fond d’ignorance et d’exclusion encore associées à la maladie. Les chiffres sont colossaux, la saignée dépasse l’imagination. Dans sept pays de la région (Botswana, Swaziland, Zimbabwe, Lesotho, Zambie, Afrique du Sud, Namibie), au moins un adulte sur cinq vit avec le virus VIH. Les 14 pays de la région concentraient en 1999 plus de 10 millions de séropositifs ou malades (près d’un tiers du total mondial) et ont enregistré plus d’un million de morts, selon Onusida. Aussi énormes soient-elles, les statistiques masquent l’impact réel de la perte de milliers d’hommes et de femmes économiquement actifs, rapportée à l’échelle de petits pays comme le Botswana (1,6 million d’habitants) ou la Namibie (1,6 million) ou le Swaziland (1 million). Elles occultent aussi la réalité de la maladie au quotidien. Dans les orphelinats de Johannesburg, disposant au mieux d’antibiotiques, où des enfants de deux ou trois ans, orphelins – ou abandonnés – du sida dépérissent par centaines. Dans des champs de canne à sucre du nord Kwazulu-Natal rural, où des malades rejetés de leur communauté, de leur hameau, se cachent pour mourir. Dans des entreprises du Zimbabwe ou de Zambie, où les directions, devant les coûts de l’absentéisme, autorisent désormais leurs employés à n’assister qu’aux obsèques d’un parent direct mort du sida, non plus de proches ou parents éloignés. «Il y a trois ans, personne ne connaissait personne mort du sida. Maintenant que les gens commencent à tomber, la maladie et la mort sont là au quotidien», expliquait récemment Botsalo Ntuane, secrétaire exécutif du Parti démocratique du Botswana (BDP, au pouvoir). «Il y a des jeunes qui ne font rien d’autre les samedis qu’aller à des obsèques». À l’autre extrême, des comportements et croyances ultradangereux perdurent, comme dans des zones reculées d’Afrique du Sud, où certains pensent qu’une relation sexuelle avec une vierge peut guérir du sida. Comme au Lesotho où des familles endeuillées déclarent le décès sous «pneumonie» pour éviter l’opprobre, dénonçait récemment le Premier ministre Pakalitha Mosisili. Comme dans des villages sud-africains où le sida n’est toujours pas appelé par son nom, mais «la maladie en quatre lettres», regrettait le vice-président Jacob Zuma. Certains propos ont pourtant entretenu la confusion, comme ceux du président namibien Sam Nujoma, qui assurait récemment que le sida n’est «pas une maladie naturelle» partie d’Afrique mais «a démarré dans certains États qui ont produit cette guerre biologique». Dans l’ensemble pourtant, le déni et le refoulement du sida ne sont plus à l’ordre du jour dans la région.
L’Afrique australe, hôte de la conférence sur le sida, est la région la plus sinistrée au monde par la maladie, avec des taux d’infection atteignant un adulte sur trois, une espérance de vie réduite de plus de 20 ans, sur fond d’ignorance et d’exclusion encore associées à la maladie. Les chiffres sont colossaux, la saignée dépasse l’imagination. Dans sept pays de la région (Botswana, Swaziland, Zimbabwe, Lesotho, Zambie, Afrique du Sud, Namibie), au moins un adulte sur cinq vit avec le virus VIH. Les 14 pays de la région concentraient en 1999 plus de 10 millions de séropositifs ou malades (près d’un tiers du total mondial) et ont enregistré plus d’un million de morts, selon Onusida. Aussi énormes soient-elles, les statistiques masquent l’impact réel de la perte de milliers d’hommes et de femmes...