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Actualités - Conferences Internationales

Santé Les victimes africaines du sida brisent le silence

Les victimes du sida ont pris la parole, hier lors de la conférence internationale sur la maladie, pour dénoncer l’immobilisme des autorités et l’ostracisme dont ils sont frappés en Afrique. Les discours ont parfaitement illustré le mot d’ordre choisi pour cette 13e conférence internationale : «Briser le silence». Edwin Cameron, juge à la Haute cour sud-africaine, a ainsi dénoncé pêle-mêle le fossé Nord-Sud, l’attitude des gouvernements africains ou la persistance des préjugés. «Je suis Africain. Je vis avec le sida. Je figure donc parmi les statistiques inquiétantes du sida en Afrique», a déclaré le magistrat, homosexuel et séropositif déclaré, sous une vague d’applaudissements. «Au beau milieu de la pauvreté, je me tiens devant vous parce que j’ai eu les moyens de me payer ma santé et ma vigueur. Le fait de vivre quand d’autres sont morts, simplement en raison d’une relative richesse, me paraît être une injustice aux proportions considérables». La veille, un garçon de onze ans touché par la maladie, Nkosi Johnson, avait expliqué comment ses parents l’avaient abandonné quand il avait trois ans par crainte d’être rejetés par leur communauté. Au nom des femmes, Chipo Mbanje, du Réseau de femmes séropositives du Zimbabwe, a dénoncé un silence à propos du virus VIH qui encourage la «stigmatisation». Les femmes, a-t-elle rappelé, sont particulièrement vulnérables. Environ 55 % des 34,3 millions de personnes atteintes du virus VIH dans le monde sont des femmes. Par ailleurs, les participants à la conférence de six jours ont vertement reproché au président sud-africain Thabo Mbeki de n’avoir pas définitivement clos la polémique, absurde pour la majorité d’entre eux, sur les origines de la pandémie. Mbeki, qui avait mis en doute publiquement la relation entre le virus VIH et le syndrôme d’immunodéficience acquise (sida) au grand dam de milliers de spécialistes de la maladie, n’a rien voulu renier dimanche soir dans son discours d’ouverture. L’Afrique du Sud connaît le taux de contamination au virus VIH le plus élevé au monde. Quelque 4,3 millions de Sud-Africains vivent avec le virus. Par ailleurs, le président français Jacques Chirac a proposé hier la tenue d’une conférence sur l’accès aux traitements du sida, plaidé pour la mise en place d’un fond de solidarité thérapeutique «vraiment universel» et souligné que le traitement des femmes enceintes constituait «à ses yeux, une priorité absolue».
Les victimes du sida ont pris la parole, hier lors de la conférence internationale sur la maladie, pour dénoncer l’immobilisme des autorités et l’ostracisme dont ils sont frappés en Afrique. Les discours ont parfaitement illustré le mot d’ordre choisi pour cette 13e conférence internationale : «Briser le silence». Edwin Cameron, juge à la Haute cour sud-africaine, a ainsi dénoncé pêle-mêle le fossé Nord-Sud, l’attitude des gouvernements africains ou la persistance des préjugés. «Je suis Africain. Je vis avec le sida. Je figure donc parmi les statistiques inquiétantes du sida en Afrique», a déclaré le magistrat, homosexuel et séropositif déclaré, sous une vague d’applaudissements. «Au beau milieu de la pauvreté, je me tiens devant vous parce que j’ai eu les moyens de me payer ma santé et ma vigueur....