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Actualités - Chronologie

Des experts jugent superflue une présence d'Israël sur le Jourdain

Israël peut se permettre, sans mettre sa sécurité en péril, de renoncer à sa présence militaire dans la vallée du Jourdain, estiment des experts à la veille du sommet tripartite de Camp David II. L’avenir de cette vallée séparant la Cisjordanie de la Jordanie figurera en bonne place parmi les questions frontalières aux négociations qui s’ouvrent aujourd’hui entre le président palestinien, Yasser Arafat, le Premier ministre israélien, Ehud Barak, et le président américain Bill Clinton. Il s’agit de l’un des facteurs déterminant le tracé des frontières d’un État palestinien et si Israël est prêt à accorder aux Palestiniens plus de 90 % de la Cisjordanie ou seulement 80 %, annexant ou louant le reste. Les autres zones qu’Israël veut conserver sont un Jérusalem élargi et trois groupes de colonies : l’un proche de Tel-Aviv, le deuxième contigu à Jérusalem et le troisième au sud de Bethléem, où vivent les deux tiers des 170 000 colons juifs de Cisjordanie. Des fuites relatives aux négociations secrètes entre les deux parties donnent à penser que les Israéliens veulent maintenir pendant une période prolongée de dix ans ou davantage une présence militaire dans la vallée du Jourdain et sur des hauteurs stratégiques de Cisjordanie surplombant l’État hébreu. Les Israéliens ont longtemps fait valoir qu’ils devaient maintenir des unités militaires dans la vallée pour prévenir toute incursion d’une armée arabe. Ils ont installé tout au long de la vallée une série de colonies qu’il serait politiquement délicat de démanteler. Et les sommets sont couverts de matériel de surveillance électronique. Mais les experts font valoir que ces considérations sont révolues maintenant que la stratégie militaire a évolué, qu’Israël a conclu un traité de paix avec la Jordanie, que l’Irak est isolé et que les Palestiniens coopèrent avec les Israéliens en matière de sécurité. «Contrôler la vallée du Jourdain n’a pas protégé Israël des missiles Scud pendant la guerre du Golfe», fait valoir Mahdi Abdoul Hadi, directeur d’un centre de réflexion palestinien de politique étrangère, à Jérusalem. Des responsables israéliens notent que les conceptions de l’armée ont évolué et que, plutôt que de craindre une invasion conventionnelle, Barak lui-même perçoit davantage le danger en termes de lutte contre «le terrorisme» d’extrémistes infiltrés dans un État palestinien. «Aujourd’hui, Israël a un traité de paix avec la Jordanie et il n’y a aucune menace de franchissement du Jourdain par une armée arabe. Maintenir une présence militaire est anachronique», affirme Avi Shlaim, de l’Université d’Oxford, auteur d’une nouvelle histoire de la politique de sécurité israélienne. La meilleure façon d’éliminer toute menace militaire est de faire en sorte que l’État palestinien soit vraiment démilitarisé, sans chars, artillerie lourde ou force aérienne, poursuit Shlaim. Mark Heller, du Centre Jaffee de Tel-Aviv pour les études stratégiques, estime pour sa part que «la question fondamentale de sécurité dans la vallée du Jourdain est “qui dirige en Jordanie?”. Tant que vous avez à Amman un gouvernement stable et qui coopère, le contrôle de la vallée du Jourdain est d’une importance stratégique négligeable». «Alors qu’Israël n’a pas d’inquiétude à court ou moyen terme concernant l’avenir de la Cisjordanie, les choses pourraient changer si un État palestinien est instable et que les troubles se propagent aux réfugiés palestiniens en Jordanie», poursuit-il. Pour M. Shlaim, les Israéliens devront renoncer à leur présence aux côtés des forces de sécurité palestiniennes aux points de passage sur les ponts du Jourdain, à la frontière entre l’Égypte et la bande de Gaza et sur le seul aéroport palestinien, à Gaza. Les Palestiniens réclament la restitution de l’ensemble des territoires occupés par Israël depuis la guerre des Six-Jours, en 1967, mais Barak a fait savoir qu’il ne retournerait pas aux frontières d’avant ce conflit. Le contrôle d’une bande à l’est de cette frontière est jugé vital pour élargir la plaine côtière israélienne, qui en son point le plus étroit n’est large que de 15 km, pour incorporer des implantations aux abords de Tel-Aviv et pour s’assurer la principale nappe aquifère dont Israël et les Palestiniens dépendent pour leur approvisionnement en eau.
Israël peut se permettre, sans mettre sa sécurité en péril, de renoncer à sa présence militaire dans la vallée du Jourdain, estiment des experts à la veille du sommet tripartite de Camp David II. L’avenir de cette vallée séparant la Cisjordanie de la Jordanie figurera en bonne place parmi les questions frontalières aux négociations qui s’ouvrent aujourd’hui entre le président palestinien, Yasser Arafat, le Premier ministre israélien, Ehud Barak, et le président américain Bill Clinton. Il s’agit de l’un des facteurs déterminant le tracé des frontières d’un État palestinien et si Israël est prêt à accorder aux Palestiniens plus de 90 % de la Cisjordanie ou seulement 80 %, annexant ou louant le reste. Les autres zones qu’Israël veut conserver sont un Jérusalem élargi et trois groupes de colonies :...