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Actualités - Reportages

La loi libanaise, vague et incomplète

Des blessés, des suicidés, des cadavres… Les sauveteurs qui longent les côtes libanaises ont tous des histoires à raconter. «Chaque année durant la saison estivale, plus d’une vingtaine de personnes sont victimes d’accident en mer», indique l’un deux. Elles sont âgées en général entre vingt et trente ans. Souvent téméraires, rien ne les arrête pour braver les éléments. Il ne faut pas cependant les accabler. La loi existe, mais ceux qui devraient la faire respecter sont totalement absents. Les collisions entre bateau de plaisance et nageurs figurent parmi les causes principales d’accident. La législation relative à la navigation de plaisance est régie par le ministère des Transports, celle de la plongée sous-marine dépend, elle, du ministère de l’Agriculture, la plongée étant associée à la pêche. Pour préserver la sécurité des baigneurs, dans la plupart des pays méditerranéens, les bateaux de plaisance, sous toutes leurs formes, naviguent à 200 mètres des plages. La natation dans les ports est strictement interdite. Afin de prendre le large en toute sécurité, sans mettre la vie des baigneurs en péril, les jets-ski bénéficient d’un couloir spécial qui s’étend à 200 mètres de la côte. La loi libanaise vague et incomplète interdit «aux bateaux de plaisance de s’approcher des baigneurs de manière à mettre leur vie en danger sous peine de sanctions, notamment le retrait de la licence de conduite en mer et la saisie du bateau». Cette loi incomplète n’est pas respectée. Selon la même loi, chaque bateau devrait être muni du drapeau libanais, d’une ancre, de gilets de sauvetage suffisant au nombre des personnes à bord, d’une corde de 20 mètres de longueur, d’une pompe d’assèchement (manuelle ou à moteur) et d’un extincteur. Une source autorisée souligne l’importance des radios émetteurs qui devraient permettre aux bateaux de rester en contact avec le port de plaisance. Les téléphones portables ne forment pas un moyen sûr de communication au cours d’une panne ou d’une collision. Il est nécessaire également que les bateaux soient munis de moyens de signalisation afin qu’ils puissent être localisés en cas de panne. Sensibiliser la population Pour conduire un bateau de plaisance, un permis est de rigueur. Au Liban, deux genres de licence sont délivrés : Une licence côtière qui permet de naviguer à 5 miles marins (1 mile étant égal à 1,850 km) de la côte, une licence océanographique qui permet de naviguer jusqu’à 200 miles marins de la côte. Il existe un troisième permis qui n’est pas exigé au Liban, la licence en haute mer. La réglementation relative à la plongée sous-marine a vu le jour en décembre 1995. Cette loi qui a pour but essentiel de «protéger les plongeurs» exige de chaque école de plongée d’avoir à son service deux moniteurs au moins et trois assistants, d’avoir à sa disposition une piscine de 20 mètres, un matériel de premiers soins et une chambre de décompression, où seraient placés les plongeurs victimes de malaises. Pourtant la plupart des écoles de placés du pays sont dépourvues de ce local fort important pour la sécurité des plongeurs. Selon la loi en vigueur, le moniteur doit être bien portant. Pour cette raison, il devrait présenter un dossier médical aux autorités, comportant notamment des analyses d’urine, de sang, un ORL, un électroencéphalogramme et un électrocardiogramme. L’école en question devrait également imposer des tests d’aptitude à chaque personne, âgée entre 16 et 40 ans, qui désire suivre des cours de plongée. Le candidat doit passer trois tests : 100 mètres de nage libre, 1 000 mètres de nage avec palme en moins de 30 minutes et une plongée en apnée à 5 mètres de profondeur. Inutile de préciser que rares sont les écoles du Liban qui respectent ces lois. À l’étranger, les tests médicaux cités plus haut sont exigés des personnes qui désirent apprendre la plongée sous-marine. De plus, dans certains pays d’Europe, les fumeurs sont interdits de cours. Toutes ces réglementations incomplètes sont rarement appliquées. Faire respecter la loi est avant tout une tâche qui incombe au gouvernement. Mettre en place une équipe de gardes maritimes et sensibiliser la population sont plus que jamais nécessaires. Sur le plan privé, les responsables des centres balnéaires et des ports de plaisance doivent eux aussi être plus vigilants. Consciencieux et responsables, ce sont ces qualités qui devraient être exigées en premier lieu des moniteurs de sport de glisse et de plongée sous-marine.
Des blessés, des suicidés, des cadavres… Les sauveteurs qui longent les côtes libanaises ont tous des histoires à raconter. «Chaque année durant la saison estivale, plus d’une vingtaine de personnes sont victimes d’accident en mer», indique l’un deux. Elles sont âgées en général entre vingt et trente ans. Souvent téméraires, rien ne les arrête pour braver les éléments. Il ne faut pas cependant les accabler. La loi existe, mais ceux qui devraient la faire respecter sont totalement absents. Les collisions entre bateau de plaisance et nageurs figurent parmi les causes principales d’accident. La législation relative à la navigation de plaisance est régie par le ministère des Transports, celle de la plongée sous-marine dépend, elle, du ministère de l’Agriculture, la plongée étant associée à la pêche....