La République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre), qui célèbre vendredi le 40e anniversaire de son indépendance, n’a pratiquement pas connu de paix véritable depuis 1960. Le pays est depuis en proie à des sécessions, des troubles politiques et ethniques, des émeutes et plusieurs rébellions, dont la dernière en date, lancée en août 1998, s’est transformée en une guerre régionale impliquant plusieurs pays africains. — 1960 : le 30 juin, le Congo belge accède à l’indépendance. Le pouvoir est partagé entre Joseph Kasavubu, président, et Patrice Lumumba, Premier ministre. Le 5 juillet, une mutinerie éclate au sein des troupes congolaises de la Force publique, à encadrement belge. Le 11, la province minière du Katanga (sud-est) fait sécession sous la conduite de Moïse Tshombé. La guerre civile qui s’ensuit sur l’ensemble du territoire est marquée par l’intervention de mercenaires étrangers, une vaste opération de maintien de l’ordre sous l’égide de l’Onu et l’assassinat de Patrice Lumumba en 1961. La province rebelle retourne au gouvernement central en 1963. — 1964-1965 : une vaste rébellion embrase le pays, faisant au moins 500 000 morts, selon des historiens. Elle est principalement organisée contre le pouvoir central par des partis d’inspiration communiste ou lumumbiste. — 1965 : le 24 novembre, le colonel Joseph-Désiré Mobutu, commandant de l’armée, renverse le président Kasavubu. En 1966, la capitale, Léopoldville, prend le nom de Kinshasa. Mobutu est proclamé président de la République et commence, appuyé sur son parti-État du Mouvement populaire de la révolution (MPR), un règne sans partage. — 1971-1972 : africanisation : le pays devient la République du Zaïre et le président Joseph-Désiré Mobutu prend le nom de Mobutu Sese Seko. — 1977 : le Shaba (ex-Katanga) est envahi par d’anciens «gendarmes katangais», opposés au régime Mobutu. Les rebelles sont repoussés par les troupes zaïroises, aidées par un corps expéditionnaire marocain. — 1978 : deuxième guerre du Shaba : invasion de Kolwezi par les ex-gendarmes katangais. Des parachutistes français et belges évacuent les ressortissants étrangers. — 1982 : Etienne Tshisekedi fonde dans la clandestinité l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) qui deviendra le fer de lance de la contestation du régime Mobutu. — 1985 : en juillet, les forces de la rébellion du Parti révolutionnaire populaire (PRP) de Laurent-Désiré Kabila attaquent pour la seconde fois en six mois la ville de Moba, dans le Katanga. Le maquis de Kabila est installé sur les rives du lac Tanganyika depuis les années 60. — 1990 : le président Mobutu annonce la fin du parti-État et autorise le multipartisme. Une conférence nationale est convoquée, mais le pays va connaître une longue période de transition et s’enfoncer dans la confusion politique et le désordre. — 1991 : émeutes et manifestations d’avril à juillet dans le pays. En septembre, mutinerie de soldats suivie de pillages à Kinshasa et dans d’autres villes : 117 morts. 9 000 résidents étrangers sont évacués par des troupes françaises et belges. — 1993 : en janvier, nouveaux pillages des militaires à Kinshasa : entre 300 et 1 000 morts, départ de plus de 2 000 résidents étrangers. — 1994 : du 14 au 18 juillet, plus d’un million de Rwandais hutus se réfugient dans l’est du Zaïre, après le génocide au Rwanda et la prise de pouvoir par le Front patriotique rwandais (FPR, ex-rébellion majoritairement tutsie). — 1996 : en septembre, des combats éclatent dans le Kivu (est), point de départ d’une rébellion dirigée par Laurent-Désiré Kabila et soutenue par les régimes rwandais et ougandais. Un demi-million de réfugiés rwandais regagnent leur pays en quelques jours, alors que des centaines de milliers d’autres s’enfoncent au cœur du Zaïre. Un rapport de l’ONU affirmera que les forces de Kabila, soutenues par l’armée rwandaise, ont commis de nombreux massacres lors de leur offensive. — 1997 : le 17 mai, Kabila se proclame chef de l’État congolais, au lendemain du départ du maréchal Mobutu Sese Seko, après 32 ans de règne. Le Zaïre est rebaptisé République démocratique du Congo et Kabila s’attribue pratiquement tous les pouvoirs. — 1998 : le 2 août, une nouvelle rébellion, déclenchée cette fois contre le régime de Kabila par d’ex-militaires des Forces armées et des combattants banyamulenges (Congolais tutsis d’origine rwandaise), éclate dans le Kivu. Elle dégénère rapidement en une guerre régionale, avec l’intervention du Rwanda et de l’Ouganda aux côtés des trois mouvements rebelles, et de l’Angola, de la Namibie et du Zimbabwe en soutien au régime de Kabila. Les combats continuent malgré un accord de cessez-le-feu.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La République démocratique du Congo (RDC, ex-Zaïre), qui célèbre vendredi le 40e anniversaire de son indépendance, n’a pratiquement pas connu de paix véritable depuis 1960. Le pays est depuis en proie à des sécessions, des troubles politiques et ethniques, des émeutes et plusieurs rébellions, dont la dernière en date, lancée en août 1998, s’est transformée en une guerre régionale impliquant plusieurs pays africains. — 1960 : le 30 juin, le Congo belge accède à l’indépendance. Le pouvoir est partagé entre Joseph Kasavubu, président, et Patrice Lumumba, Premier ministre. Le 5 juillet, une mutinerie éclate au sein des troupes congolaises de la Force publique, à encadrement belge. Le 11, la province minière du Katanga (sud-est) fait sécession sous la conduite de Moïse Tshombé. La guerre civile qui...