Les régions russes ont infligé une «gifle» au président Vladimir Poutine, en rejetant son projet de réorganisation du territoire russe, a estimé l’un des «barons» régionaux les plus puissants du pays, le président du Bachkortostan Mourtaza Rakhimov. «Si Poutine continue, il perdra la prochaine présidentielle, car ce ne sont pas les ministres ou le Conseil de sécurité qui font l’élection mais les gouverneurs», a déclaré le président Rakhimov dans une allusion à l’influence déterminante des chefs de région sur l’électorat dans les provinces russes. «Poutine va transformer les gouverneurs en ennemis», a averti dans une interview le président bachkir qui dirige avec autorité sa république depuis 1993. Cet homme politique rusé (66 ans) est visiblement ravi du camouflet infligé par les élus régionaux à un président «jeune mais qui va s’améliorer». Le Bachkortostan est l’un des 11 «sujets» de la Fédération, sur un total de 89, qui verse davantage d’argent au centre fédéral qu’il n’en reçoit, une richesse tirée du pétrole et dont témoigne le siège de la représentation bachkire à Moscou, un immeuble luxueux tout de verre et de marbre. Le projet de réforme sur la composition du Conseil de la fédération (Chambre haute du Parlement), l’un des trois projets sur les régions de Vladimir Poutine, a été massivement rejeté par les élus de cette assemblée : 129 voix ont voté contre et 13 pour. Les sénateurs comme le Kremlin ne semblaient guère prêts au compromis, chaque camp assurant qu’il irait jusqu’au bout. L’obstruction du Sénat peut être surmontée par un nouveau vote à la majorité des 2/3 par la Chambre basse (Douma) comme le permet la Constitution, mais ce passage en force pourrait être risqué pour le président russe. Le projet supprime le droit de siéger à la Chambre haute des gouverneurs de régions et des présidents de républiques qui enverront désormais à Moscou de simples représentants. La réforme des régions a été menée au pas de charge par Vladimir Poutine dès son élection à la présidence le 26 mars dernier. Il entend restaurer ce qu’il nomme «la verticale du pouvoir» face à la dérive autonomiste de certaines régions qu’il veut remettre au pas pour assurer le succès de ses réformes.
Les régions russes ont infligé une «gifle» au président Vladimir Poutine, en rejetant son projet de réorganisation du territoire russe, a estimé l’un des «barons» régionaux les plus puissants du pays, le président du Bachkortostan Mourtaza Rakhimov. «Si Poutine continue, il perdra la prochaine présidentielle, car ce ne sont pas les ministres ou le Conseil de sécurité qui font l’élection mais les gouverneurs», a déclaré le président Rakhimov dans une allusion à l’influence déterminante des chefs de région sur l’électorat dans les provinces russes. «Poutine va transformer les gouverneurs en ennemis», a averti dans une interview le président bachkir qui dirige avec autorité sa république depuis 1993. Cet homme politique rusé (66 ans) est visiblement ravi du camouflet infligé par les élus régionaux à...
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