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Actualités - Chronologie

Célébration Procession du Saint-Sacrement

Peur sur la pelouse, peur dans les tribunes, peur autour du stade et dans les rues de Charleroi : Angleterre-Allemagne aujourd’hui est bien plus qu’une rencontre à gros enjeu du groupe A de l’Euro2000 de football. Depuis le tirage au sort de la compétition le 12 décembre, ce match-là cristallise en effet les craintes de toute la Belgique et de l’ensemble des dirigeants du foot européen, tétanisés à l’idée d’une flambée de violence dans la grande cité wallonne, que provoqueraient des affrontements entre supporters des deux camps. Les deux sélectionneurs ne pouvaient guère éluder le sujet : «Ce match ne doit pas être une guerre», a lancé l’Allemand Erich Ribbeck au détour d’une phrase, tandis que son collègue anglais Kevin Keegan a estimé que «dans ce stade à l’anglaise, doit régner un ambiance extraordinaire». Sur le terrain sportif, cette rencontre sent aussi le soufre. Car la porte des quarts de finale se fermerait quasiment à coup sûr pour le malheureux perdant. «Nous ne sommes pas les favoris, mais cela peut constituer un avantage. En attendant, nous comptons un point d’avance sur les Anglais», se plaît à répéter le sélectionneur allemand Erich Ribbeck. En plein psychodrame depuis que Lothar Matthaeus, très critiqué après sa mauvaise copie rendue lundi face à la Roumanie (1-1), a cru bon de présenter sa démission à Ribbeck pour s’entendre répondre évidemment qu’on comptait sur lui, la Mannschaft aborde ce match profil bas. Traduction tactique : une kyrielle de milieux défensifs (Dietmar Hamann, Christian Ziege, Jens Jeremies) vont tenter de «mettre sous contrôle David Beckham», dit Ribbeck. Devant, l’inédit tandem Ulf Kirsten-Carsten Jancker essaiera de faire oublier Oliver Bierhoff, blessé au mollet droit pour l’ensemble de la compétition. La principale surprise concerne la titularisation de Sebastian Deisler. À 20 ans, le milieu offensif droit du Hertha Berlin fêtera seulement sa 5e sélection et sera aligné d’entrée pour la première fois. «Il fait très bonne impression à l’entraînement. Sebastian a un grand avenir devant lui. C’est un symbole important pour le football allemand. Cela montre qu’il n’est plus besoin d’attendre d’avoir 24 ou 25 ans pour jouer en équipe nationale», a déclaré Ribbeck. Deisler remplace dans l’animation offensive Thomas Haessler, 34 ans, qui avait montré ses limites physiques lors du match d’ouverture lundi contre la Roumanie. Keegan sous pression Alors que l’Angleterre tente de tirer un trait sur la déroute face au Portugal et de monter en puissance pour son match contre l’Allemagne, le sélectionneur Kevin Keegan a sommé ses joueurs de prendre davantage de responsabilités sur le terrain. En effet, le match contre la Mannschaft pourrait bien décider de leur sort dans ce tournoi. Au cours d’une séance de brainstorming, Keegan a enjoint ses hommes d’aller chercher au fond d’eux-mêmes la force mentale nécessaire à ce genre d’événement. Chaque membre du onze de la Rose a dû exprimer son opinion. «Le coach voulait avoir l’avis de certains d’entre nous, a déclaré le milieu de terrain Dennis Wise, qui pourrait jouer à la place de Steve McManaman, blessé. Nous nous sommes tous assis autour d’une table et avons exprimé le fond de notre pensée». Les rumeurs évoquaient déjà un remake de la célèbre révolte des joueurs anglais lors du mondial italien en 1990, qui avait poussé l’entraîneur anglais Bobby Robson à changer de système de jeu. Mais les joueurs ont mis fin à la polémique. «Il voulait seulement savoir pourquoi nous avions mal joué et surtout, ce que nous aurions pu faire pour arranger les choses, a ajouté Wise. À chaque équipe son heure de gloire». Après avoir visionné en boucle les cassettes du match et analysé chacun des moindres détails, les joueurs et l’encadrement anglais sont tous convaincus d’avoir tiré les leçons de la défaite de lundi. Paul Ince nous a fait remarquer combien cette rencontre pouvait être importante pour toute l’Angleterre. «Cela fait trente ans que nous traînons notre absence de victoires contre l’Allemagne comme un boulet. Mais je crois que maintenant, notre heure est venue. Les gens diront que nous allons peiner à partir de maintenant, mais j’ai vu le match Allemagne-Roumanie lundi et franchement, je ne les trouve pas meilleurs que nous. Les failles sont là, et nous devrons les exploiter». «Nous croyons que notre tour est venu maintenant. Nous savons que nous avons été mauvais contre le Portugal et que nous pouvons battre les Allemands», a déclaré Alan Shearer. L’exploit serait d’ordre historique. Depuis 1966 et la finale de Coupe du monde perdue à Wembley (4-2), l’Allemagne n’a en effet plus perdu devant l’Angleterre. «Et aucun joueur, sauf un (Matthaeus), n’est assez âgé pour s’en souvenir», a noté hier Ribbeck. Manière de dire qu’une défaite devant l’Angleterre relève de la pure hérésie pour tout joueur allemand.
Peur sur la pelouse, peur dans les tribunes, peur autour du stade et dans les rues de Charleroi : Angleterre-Allemagne aujourd’hui est bien plus qu’une rencontre à gros enjeu du groupe A de l’Euro2000 de football. Depuis le tirage au sort de la compétition le 12 décembre, ce match-là cristallise en effet les craintes de toute la Belgique et de l’ensemble des dirigeants du foot européen, tétanisés à l’idée d’une flambée de violence dans la grande cité wallonne, que provoqueraient des affrontements entre supporters des deux camps. Les deux sélectionneurs ne pouvaient guère éluder le sujet : «Ce match ne doit pas être une guerre», a lancé l’Allemand Erich Ribbeck au détour d’une phrase, tandis que son collègue anglais Kevin Keegan a estimé que «dans ce stade à l’anglaise, doit régner un ambiance...