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Actualités - Reportages

Climat d'impunité au Proche-Orient

Le Proche-Orient et l’Afrique du Nord ont été en 1999 le théâtre de «violations graves et généralisées» des droits de l’homme et ce dans un «climat d’impunité», estime Amnesty International dans son rapport annuel. Les carences du système judiciaire en Arabie séoudite, où ont été dénombrées au moins 103 exécutions et qui tolère la torture et les traitements dégradants, sont particulièrement stigmatisées par Amnesty. Les opposants sont pareillement victimes de détention arbitraire par centaines à Bahreïn et par dizaines au Koweït. En Israël, l’impunité est de mise pour la plupart des violations des droits de l’homme perpétrées par les forces de sécurité, accuse l’organisation basée à Londres. La torture y est officiellement autorisée et ce n’est qu’en septembre que la Haute cour l’a jugée illégale. Amnesty a cependant continué à recevoir des informations sur des Palestiniens battus à des postes de contrôle. La seule motivation politique a justifié 350 arrestations dans les zones relevant de l’Autorité palestinienne. En Iran, les manifestations étudiantes de juillet ont débouché sur des centaines d’incarcérations, parfois sans inculpation ni jugement. Des procès inéquitables ont par ailleurs abouti à des condamnations de journalistes et d’étudiants. Les exécutions se sont comptées par centaines en Irak, parfois pour simple délit d’opinion. Les opposants politiques continuent d’être victimes d’arrestations arbitraires et de tortures, selon Amnesty. En Algérie, les homicides ont diminué en 1999 mais leur niveau est resté élevé. «Les autorités n’ont pris aucune initiative concrète pour éclaircir le sort des quelque 4 000 personnes portées disparues», accuse Amnesty. L’organisation critique en outre l’impunité des membres de l’armée, des forces de sécurité et des milices paramilitaires, qui a été étendue aux rebelles armés repentis. Un millier de détenus politiques restent emprisonnés en Tunisie, malgré la libération de plusieurs centaines d’autres, et de nouvelles restrictions ont été imposées à la liberté d’expression. Le Maroc tente d’indemniser les familles des «disparus» mais n’a pas pour autant clarifié le sort des victimes elles-mêmes, pour la plupart sahraouies. Le Front Polisario continue pour sa part de restreindre la liberté d’expression et de mouvement dans les zones sous son contrôle. La libération en Égypte de centaines de sympathisants de groupes islamistes interdits est relativisée par le maintien en détention de milliers d’autres. La torture demeure «systématique» dans ce pays et a souvent débouché sur des morts en garde à vue, selon le rapport. Les délits d’opinion ont été durement châtiés en Jordanie et au Liban, avec des dizaines d’arrestations et des cas de torture et de jugements sommaires. En Libye comme en Syrie, plusieurs centaines d’opposants sont détenus, certains depuis plus de 10 ans, dans des conditions qui ont fait plusieurs morts.
Le Proche-Orient et l’Afrique du Nord ont été en 1999 le théâtre de «violations graves et généralisées» des droits de l’homme et ce dans un «climat d’impunité», estime Amnesty International dans son rapport annuel. Les carences du système judiciaire en Arabie séoudite, où ont été dénombrées au moins 103 exécutions et qui tolère la torture et les traitements dégradants, sont particulièrement stigmatisées par Amnesty. Les opposants sont pareillement victimes de détention arbitraire par centaines à Bahreïn et par dizaines au Koweït. En Israël, l’impunité est de mise pour la plupart des violations des droits de l’homme perpétrées par les forces de sécurité, accuse l’organisation basée à Londres. La torture y est officiellement autorisée et ce n’est qu’en septembre que la Haute cour l’a...