Il y a un quart de siècle, les vedettes en vue vivaient leur maternité dans la presque clandestinité. Leurs agents de publicité, leurs photographes ignoraient scrupuleusement l’éventuelle progéniture de la star, dont les petits grandissaient dans l’ombre et l’anonymat, loin des regards indiscrets... Aujourd’hui, c’est tout à fait le contraire. Cindy Crawford, à peine habillée, pose devant les flashes avec son «little Prisley», Elle MacPherson traîne son Arpad (Flynn) junior même quand elle défile, et Inès de la Fressange en fait autant aux séances de photos entourée de ses deux filles. Il semble que le nec plus ultra du chic est de coordonner ses habits et son «look» du jour à ceux de la progéniture. La mode exige que le même cachemire qui couvre la houri couvre églement son poussin, en modèle réduit bien entendu. Il paraît que toutes les grandes marques du luxe prennent en compte cette nouvelle vague de la maternité exhibitionniste, en concevant leurs collections. Sur le plan commercial, la tendance est extraordinairement rentable. Déjà des mamans célèbres proclament, au cours de leurs entretiens de presse, dépenser beaucoup plus d’argent pour la garde-robe de leurs petits que pour la leur... Un psychologue qui passerait par là n’hésiterait pas à parler de narcissisme. Mais qui l’entendrait dans le vacarme des tiroirs-caisses? Il en est de même pour le sociologue qui verrait là une façon de se déculpabiliser face à l’éclatement de la famille de plus en plus monoparentale... Mais qui a le temps et l’envie de s’occuper de semblables détails futiles et inutiles? Le rôle de la cour de récréation Un autre aspect de cette nouvelle tendance de la mode «dès le berceau» c’est qu’à partir de 5-6 ans les petites filles développent des opinions tranchées en matière d’habillement. Pour la psychologue Virginia Picci (USA), c’est la cour de récréation qui valorise ou rejette certains habits, mais également des comportements qui leur sont inhérents. «L’enfant va ainsi opposer les valeurs de son groupe à celles de sa famille et surtout de sa mère». D’où le fait que les petites filles développent très jeunes des avis très tranchés en matière de vêtements. Dès 4 ans, ce qu’on porte est révélateur d’identité. On donne son avis, on choisit, on réclame, on refuse. À partir de 8-10 ans, on exige des marques. Les petites femmes de demain savent déjà que dans la société, cet omnipuissant «look» détermine qui on est. Comme le prétendaient nos aïeux, c’est bien le «look» qui fait le moine. Avec la différence que de nos jours grands et petits, jeunes et vieux, hommes et femmes exigent, à n’importe quel prix, à faire partie du même couvent...
Il y a un quart de siècle, les vedettes en vue vivaient leur maternité dans la presque clandestinité. Leurs agents de publicité, leurs photographes ignoraient scrupuleusement l’éventuelle progéniture de la star, dont les petits grandissaient dans l’ombre et l’anonymat, loin des regards indiscrets... Aujourd’hui, c’est tout à fait le contraire. Cindy Crawford, à peine habillée, pose devant les flashes avec son «little Prisley», Elle MacPherson traîne son Arpad (Flynn) junior même quand elle défile, et Inès de la Fressange en fait autant aux séances de photos entourée de ses deux filles. Il semble que le nec plus ultra du chic est de coordonner ses habits et son «look» du jour à ceux de la progéniture. La mode exige que le même cachemire qui couvre la houri couvre églement son poussin, en modèle réduit...
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