Proparco (Société de promotion et de participation pour la coopération économique) est une société financière filiale à 70 % de l’AFD. Les 30 % restants sont répartis entre plus de 40 actionnaires privés, groupes financiers ou industriels français opérant dans les pays en développement où intervient le groupe de l’AFD. Proparco contribue à la promotion du secteur privé. Au Liban, «le secteur privé est un facteur de développement puissant car il est créateur d’emplois et assure aussi, grâce à la création d’entreprises, un rôle dans l’aménagement du territoire», note Ludovic Cocogne, chargé de mission à l’AFD. L’outil de base de cette société est le crédit à long terme. «Proparco, comme la SFI (filiale de la Banque mondiale), vient donc combler un vide, car les banques libanaises ne prêtent pas aisément à cette échéance», explique le directeur de l’AFD. De plus, Proparco accorde un «délai de grâce» au créancier, qui, pendant cette période, ne rembourse que les intérêts du prêt et non le capital. «Cette formule, classique, permet à une entreprise de s’établir, de monter en puissance et surtout de débuter son activité commerciale générant les recettes qui permettront de rembourser le prêt. Ce produit est particulièrement adapté à la création de nouvelles entreprises», ajoute le directeur de l’AFD. Concrètement, Proparco octroie des ressources à une banque qui les prête à son client (10 ans). Ce type d’opération a déjà été conclu avec la banque Byblos. La banque gardant ses clients (et le risque commercial), cette formule a pour objet de permettre à Proparco de se placer en complément et non pas en concurrence du système bancaire local. Proparco peut également financer des opérations de crédit bail, ou proposer un prêt directement à une entreprise si celle-ci est capable de fournir une garantie acceptable (bancaire par exemple). La société peut participer également à des montages financiers plus élaborés de type BOT (Built Operate and Transfer). Cette opération concerne les grandes infrastructures que l’État ne peut financer (transports, électricité, télécoms, eau...). Une entreprise privée réalise alors le projet sur ses ressources et avec des financements bancaires (dont, éventuellement, Proparco) puis le gère pendant une période déterminée avant de le transférer au domaine public. Si le montage est de type BOO (Built Operate and Own), l’entreprise privée garde le contrôle du projet. Proparco peut aussi entrer dans le capital d’une société de manière transitoire pour aider à son lancement. C’est d’ailleurs son initial métier. D’autres interventions sont à l’étude pour répondre aux besoins des banques et du marché général, notamment l’octroi de garanties que l’équipe actuelle commence à recenser. Il faut aussi savoir que Proparco travaille de plus en plus en réseau, avec ses 11 sœurs européennes, dans le cadre d’un groupement d’intérêt économique européen, basé à Bruxelles. «Il serait par ailleurs intéressant au Liban d’aider à la multiplication de fonds d’investissement car le marché financier est très peu développé, par rapport au marché bancaire », conclut Ludovic Cocogne.
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