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Actualités - Chronologie

Voter : une raison de plus de faire la queue

Dans les banlieues populaires de Harare, de longues files d’hommes et de femmes en colère s’allongeaient samedi, les uns attendant pour aller voter, les autres espérant obtenir quelques litres de pétrole lampant pour cuisiner. «Mes enfants ont faim. Ils ont besoin de nourriture et moi j’ai besoin de pétrole. Je n’irai voter qu’après en avoir trouvé», lance, furieuse, Violet Mutumwa, qui fait la queue devant une station-service du district de Highfield, une banlieue ouvrière de la capitale. «Nous faisons la queue depuis trois heures pour voter et après, nous devrons attendre encore pour du pétrole», déplore de son côté Norman Magwenzi. Le Zimbabwe, qui traverse sa pire crise économique depuis l’indépendance, souffre d’une pénurie de devises étrangères... et de carburant. Le pétrole lampant, utilisé par les plus pauvres pour la cuisine, le chauffage et l’éclairage, fait cruellement défaut et les Zimbabwéens sont souvent contraints de passer des nuits entières devant les stations d’essence à attendre qu’une livraison arrive. Devant les bureaux de vote, où s’allongeaient samedi les files d’attente, régnait une ambiance d’excitation mêlée de crainte. De nombreux électeurs affichaient ouvertement leur soutien au Mouvement pour le changement démocratique (MDC), le principal parti d’opposition. Ils savent que, pour la première fois depuis vingt ans, le MDC représente une alternative crédible à la Zanu-PF, au pouvoir depuis 20 ans. «Nous espérons un changement. Nous en avons assez d’être dirigés par ces gens qui sont vieux et qui dorment au Parlement. Ce qu’il nous faut, ce sont des personnes jeunes et dynamiques», commente Norman Magwenzi. Mais cet espoir d’un changement possible est altéré par la peur, celle de représailles de la part des militants de la Zanu-PF, qui ont semé la terreur pendant la campagne électorale. À la veille du scrutin, des affrontements ont opposé des partisans du régime à ceux de l’opposition dans la banlieue ouvrière de Glen Norah, où un minibus a été attaqué et incendié. Et samedi, la plupart des minibus, principal moyen de transport des pauvres, avaient été retirés des routes. Dès vendredi, les commerçants avaient fermé boutique, en se barricadant derrière leurs grilles. Selon des témoignages, les étalages ont été dévalisés, chacun voulant faire des provisions. À l’école Mhizha de Highfield, transformée en bureau de vote, 300 à 400 personnes attendaient. Deux d’entre elles ont affirmé qu’elles patientaient depuis quatre heures. Clifford Mucheneyi, licencié d’une mine australienne de platine en 1999, explique vouloir voter pour que cessent les licenciements massifs. «C’est la première fois que je vote, cela me donne une chance de contribuer au changement». L’atmosphère était plus détendue dans les banlieues aisées de la capitale, où votaient de nombreux Blancs. Une femme annonçait son intention d’aller à une réunion de prière «pour la paix». «C’est la première fois que nous pouvons choisir. Nous espérons que ça se passera bien», dit une électrice blanche devant l’école Prince Edward. Dans un autre bureau de vote, Bryan Tetza, un directeur de publicité, explique l’importance de la participation au vote par la situation économique du pays : «Les gens veulent voter pour le changement», affirme-t-il. Près d’une caserne de police, un jeune Noir montre, dans un journal du jour, la photo de deux militants du MDC blessés. «Des Zimbabwéens se battent contre des Zimbabwéens. Ce n’est pas bien», regrette-t-il.
Dans les banlieues populaires de Harare, de longues files d’hommes et de femmes en colère s’allongeaient samedi, les uns attendant pour aller voter, les autres espérant obtenir quelques litres de pétrole lampant pour cuisiner. «Mes enfants ont faim. Ils ont besoin de nourriture et moi j’ai besoin de pétrole. Je n’irai voter qu’après en avoir trouvé», lance, furieuse, Violet Mutumwa, qui fait la queue devant une station-service du district de Highfield, une banlieue ouvrière de la capitale. «Nous faisons la queue depuis trois heures pour voter et après, nous devrons attendre encore pour du pétrole», déplore de son côté Norman Magwenzi. Le Zimbabwe, qui traverse sa pire crise économique depuis l’indépendance, souffre d’une pénurie de devises étrangères... et de carburant. Le pétrole lampant, utilisé par...