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Actualités - Chronologie

La mort d'Assad confirme la primauté du volet palestinien

Le décès du président syrien Hafez el-Assad, en éloignant les perspectives d’une reprise des négociations israélo-syriennes, renforce la primauté du volet palestinien du processus de paix israélo-arabe. Cette mort a aussi fait taire l’un des critiques les plus farouches dans le monde arabe du leader palestinien Yasser Arafat et de sa stratégie d’une paix séparée avec l’État juif. La reprise, en décembre à Washington, des négociations israélo-syriennes avait provoqué la consternation des dirigeants palestiniens, persuadés que la priorité du Premier ministre israélien Ehud Barak allait à une paix avec la Syrie. Ils craignaient aussi que ces négociations parallèles n’affaiblissent leur position. L’échec du sommet de Genève du 26 mars entre Assad et le président américain Bill Clinton, qui visait à relancer des pourparlers bloqués depuis le 10 janvier, avait, semble-t-il, mis fin aux espoirs de M. Barak de conclure avant l’été un accord de paix avec Damas afin de faciliter le retrait de l’armée israélienne du Liban-Sud. Ce retrait effectué de manière unilatérale, M. Barak ne se montrait guère optimiste sur les chances d’une reprise des pourparlers, se contentant de dire rituellement que la porte «reste ouverte». Le chef de la diplomatie syrienne, Farouk el-Chareh, avait toutefois entretenu les illusions la semaine dernière en estimant qu’il existait «toujours une chance» pour une reprise de ces négociations avant la fin du mandat de M. Clinton, en janvier. Mais ces espoirs reposaient sur un homme, Assad, et sa disparition change tout, car son successeur désigné, Bachar, va d’abord devoir se consacrer à consolider son pouvoir. À court et sans doute à moyen terme, les négociations avec les Palestiniens, qui doivent reprendre demain à Washington en prélude à un sommet Arafat-Clinton mercredi, constituent donc l’unique préoccupation de M. Barak. De plus, la disparition du numéro un syrien «rendra les choses beaucoup plus faciles pour Arafat» dans ses négociations avec Israël, «parce qu’il n’aura plus Assad sur le dos prêt à le critiquer» parce qu’il fait des concessions à Israël, a indiqué un expert au Centre Jaffee pour les études stratégiques de l’université de Tel-Aviv, Mark Heller. Le régime de Damas était, en effet, devenu le critique numéro un de M. Arafat, le président Assad l’accusant d’avoir opté pour une paix séparée avec l’ennemi en signant avec Israël les accords d’Oslo de 1993 sur l’autonomie palestinienne. Depuis cette date, les relations entre Damas et l’OLP s’étaient détériorées au point de devenir pratiquement hostiles. Cette hostilité a éclaté au grand jour à plusieurs reprises, notamment en août dernier, lorsque le ministre syrien de la Défense, le général Moustapha Tlass, avait publiquement insulté M. Arafat, le traitant de «fils de p...». Le mois suivant, Techrine, le journal officiel du régime syrien, avait condamné l’accord de Charm el-Cheikh signé par MM. Arafat et Barak. Il s’était ensuite réjoui en décembre de la publication d’une pétition anti-Arafat signée par une vingtaine de personnalités palestiniennes, la qualifiant de «gifle» pour le président palestinien, qu’il avait accusé de «bradage des droits palestiniens». Aujourd’hui encore, Damas accorde l’hospitalité à une dizaine d’organisations palestiniennes opposées à M. Arafat. Le régime syrien contrôle aussi plusieurs groupes palestiniens basés au Sud-Liban, faisant peser de manière implicite la menace de leur utilisation pour perpétrer des attaques anti-israéliennes, ce qui constituerait un embarras de taille pour M. Arafat. De nombreux militants palestiniens continuent aussi de croupir dans les geôles syriennes. Selon l’Association palestinienne pour les droits de l’homme (PAHR), «plus de 500 combattants palestiniens et arabes» sont encore emprisonnés en Syrie. À Gaza, M. Arafat a toutefois qualifié de «perte pour nous, pour la nation syrienne et pour la nation arabe» la mort de Hafez el-Assad, rappelant qu’il le connaissait «depuis 1964, alors qu’il était officier de l’aviation syrienne». Il a aussi indiqué qu’il espérait assister aux obsèques.
Le décès du président syrien Hafez el-Assad, en éloignant les perspectives d’une reprise des négociations israélo-syriennes, renforce la primauté du volet palestinien du processus de paix israélo-arabe. Cette mort a aussi fait taire l’un des critiques les plus farouches dans le monde arabe du leader palestinien Yasser Arafat et de sa stratégie d’une paix séparée avec l’État juif. La reprise, en décembre à Washington, des négociations israélo-syriennes avait provoqué la consternation des dirigeants palestiniens, persuadés que la priorité du Premier ministre israélien Ehud Barak allait à une paix avec la Syrie. Ils craignaient aussi que ces négociations parallèles n’affaiblissent leur position. L’échec du sommet de Genève du 26 mars entre Assad et le président américain Bill Clinton, qui visait à...